Valerie Delage Gazette de la MauriciePar Valérie Delage, 16 mai 2017

Le candidat pour Québec solidaire dans Gouin, et comme porte-parole masculin du même parti, Gabriel Nadeau-Dubois, était de passage à Trois-Rivières il y a quelques jours pour rencontrer la centaine de membres de l’association de la Mauricie réunis à l’occasion de leur Assemblée générale annuelle.

Valérie Delage et Steven Roy Cullen en entrevue avec Gabriel Nadeau-Dubois.
Crédits : Dominic Bérubé

Les motivations de Gabriel Nadeau-Dubois

Après un engagement d’une dizaine d’années au sein du mouvement étudiant, puis des mouvements écologiste et syndical, Gabriel Nadeau-Dubois a fait le constat que, bien que les luttes des mouvements sociaux restent capitales pour la société québécoise, elles se butent toutes au même obstacle : le pouvoir politique. C’est ce qui l’a amené à faire le saut en politique et à choisir Québec solidaire, puisque ce parti réunissait à ses yeux trois conditions essentielles : le seul parti de gauche, le seul parti qui propose une démarche claire, démocratique et inclusive d’accession à l’indépendance pour le Québec et le seul parti issu des mouvements sociaux et populaires.

 

Est-ce encore possible de sortir du modèle néolibéral et de ses politiques d’austérité qui déstructurent les services en place? À travers le mouvement Faut qu’on se parle, Gabriel Nadeau-Dubois a développé le sentiment qu’un terreau fertile à une mobilisation sans précédent existait pour transformer le Québec, semblable à la mobilisation aux États-Unis l’année dernière autour de Bernie Sanders, ou de Mélenchon plus récemment en France. Gabriel a par ailleurs acquis la conviction que de nombreuses personnes partageaient la vision du modèle de société défendu par Québec solidaire sans nécessairement en être conscientes, et ce, pour toutes sortes de raisons. « Québec solidaire est passé de l’étape de la conscience morale du parlement à celle de prendre le pouvoir en se plaçant comme une alternative politique concrète », croit-il.

 

Crédits : Dominic Bérubé

Rallier les électeurs à la cause de Québec Solidaire

Sa vision de possibles alliances politiques en vue de 2018 reste pour l’instant mitigée. « D’un côté, à trop se rapprocher du Parti québécois, on risque de donner une caution de progressiste à un parti qui est de moins en moins reconnu comme tel et ainsi perdre notre crédibilité comme alternative aux Caquistes et aux Libéraux. L’autre risque, c’est d’être dogmatique et fermé et de s’aliéner une bonne portion des progressistes du Québec qui s’attendent à ce qu’on essaie au moins de s’entendre. Il ne se passe pas une journée sans qu’on m’en parle. On a donc au moins le devoir d’essayer de s’asseoir et de regarder ce qui est possible », pense-t-il.

 

Parmi toutes les stratégies possibles pour rejoindre de nouveaux électeurs, « celles qui ont fait leurs preuves récemment ailleurs, ce ne sont pas des stratégies de recentrage ou de modération des positions. Non, la clé, c’est plutôt de concrétiser nos positions, d’expliquer comment les grandes idées vont améliorer la vie quotidienne de la majorité des gens concernant des préoccupations très simples comme Je veux une meilleure école pour mes enfants ou Je veux un meilleur système de santé pour mes parents. À nous de convaincre les gens que ces changements de société en profondeur passent par Québec solidaire », ajoute-t-il.

 

Dans Gouin, il a d’ailleurs choisi d’axer sa campagne sur l’éducation primaire et secondaire. « Je ne vous apprends rien, ce sont des valeurs qui m’habitent depuis longtemps et, lors de la tournée Faut qu’on se parle, absolument partout les gens nous en parlaient. Ce thème est ressorti de loin comme la priorité. Ils se montraient inquiets de l’état des écoles, des enseignantes, des services spécialisés », dit-il. Selon lui, il faut revoir le fonctionnement de notre système d’éducation, diminuer les ratios d’élèves, remettre les spécialistes dans les écoles, améliorer les bâtiments, bref, entreprendre un immense chantier. « Québec solidaire est le seul parti qui peut faire ça », affirme-t-il. Il ajoute que « le réseau d’éducation doit être pensé comme un continuum du CPE au doctorat. Il faut qu’on arrête de voir les CPE comme des garderies, mais bien comme le premier maillon du réseau d’éducation ».

 

Les chevaux de bataille de Nadeau-Dubois

La lutte aux hydrocarbures représente un autre de ses chevaux de bataille. Il se dit d’ailleurs très fier d’avoir contribué à la mise en place du mouvement Coule pas chez nous à travers la plus grande campagne de sociofinancement sous forme de dons du Canada qui a permis d’amasser 400 000 $. La lutte contre le projet Énergie Est lui apparaît primordiale, puisque le projet créerait très peu d’emplois et de revenus pour le Québec, mais entraînerait de nombreux risques, en particulier pour l’eau potable et les terres agricoles. « On a une responsabilité de bloquer le projet ici pour des raisons très québécoises, mais on a aussi une responsabilité internationale pour tout le mouvement de lutte aux changements climatiques », croit-il.

 

Gabriel Nadeau-Dubois entend également travailler sur la crédibilité de Québec solidaire en matière d’économie en articulant des propositions concrètes qui répondent aux attentes économiques des gens dans des régions où le taux de chômage est élevé. Il cite en exemple sa proposition sur le bois d’œuvre, faite conjointement avec Manon Massé dernièrement, pour contrer l’idéologie néolibérale du libre-échange qui « fait en sorte qu’on voit les régions comme fournisseurs de ressources pour l’exportation et qu’il ne reste rien sur place en bout de ligne », selon lui.

 

Comment entend-il offrir tous ces services aux Québécoises et aux Québécois? Dans un premier temps, il veut distribuer l’argent disponible différemment, en prenant l’argent de l’école privée pour le mettre dans l’école publique par exemple. La lutte à l’évasion fiscale constituerait une autre de ses priorités politiques. Si besoin est, il vise à augmenter les contributions aux grandes entreprises qui ont les moyens de faire plus, telles que les banques. « Desjardins ne déménagera pas en Chine si on lui demande de payer une taxe sur le capital. Juste avec ces mesures, on en a amplement pour financer les services publics au Québec », affirme-t-il.

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