Jules BergeronJules Bergeron, mai 2019

En Mauricie, la forêt occupe plus de 95 % de la superficie du territoire, soit 33 881 km2. Donc, pas besoin de se déplacer sur une grande distance dans la région pour se retrouver au cœur ou à la lisière d’un boisé, d’une plantation ou même d’une forêt. Cette forêt, elle est publique dans une proportion de 83 % et son couvert se compose principalement de peuplements d’arbres mélangés, de résineux et de feuillus.

La forêt est une source de vie économique pour des milliers de travailleurs et de travailleuses de la Mauricie, soit plus de 5000 selon les estimations. Ces personnes sont employées dans les secteurs de l’exploitation forestière, du reboisement, de la transformation du bois et de la fabrication de pâte, de papier et de carton. Toutes ces activités économiques sont regroupées sous l’appellation de l’industrie forestière.

Et le territoire mauricien est clairement une région à caractère forestier puisque les données du Ministère de la Forêt, de la Faune et des Parcs (MFFP) indiquent que 3,5 % de toutes les personnes en emploi dans la région se retrouvent dans l’industrie forestière alors que ce ratio n’est que de 1,5 % pour l’ensemble du Québec. Et c’est sans compter la valeur de la production qu’on retire de toutes ces activités d’extraction et de transformation en Mauricie, laquelle se chiffre à plusieurs centaines de millions de dollars sur une base annuelle. En ce qui concerne la possibilité de coupe forestière, soit la quantité de bois pouvant être prélevée et qui a une valeur commerciale, telle que calculée par le Forestier en chef du Québec, ce chiffre se situe à 4,6 millions de mètres cube par année dans la région, ce qui place la Mauricie au deuxième rang de toutes les régions québécoises à ce chapitre. En d’autres mots, sur 100 arbres susceptibles d’être coupés dans les forêts québécoises, 13 poussent en Mauricie.

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L’industrie forestière continue de contribuer à la vitalité économique de la Mauricie si on se fie aux données relevées par l’économiste régional, Jules Bergeron.
Crédits : Dominic Bérubé

Si la forêt demeure une activité névralgique pour l’économie mauricienne, elle constitue aussi le poumon économique de plusieurs collectivités locales, petites et grandes. Selon le MFFP, l’industrie forestière est présente dans 952 municipalités québécoises. De ce nombre, 152 sont directement dépendantes de la forêt avec un minimum de 10 % de l’emploi local regroupé au sein de la filière forestière. Cette situation touche une population totale dépassant 213 000 personnes au Québec. En Mauricie, le secteur forestier constitue la pierre angulaire de l’économie de 4 villes ou MRC. La Mauricie est la 3e région en importance au Québec pour la population dépendant de l’industrie forestière pour assurer sa subsistance. C’est aussi chez nous que se retrouve le territoire le plus dépendant de l’industrie forestière au Québec, à savoir la Ville de La Tuque avec une estimation de 20 % des emplois locaux directement reliés aux activités d’exploitation et de transformation de la matière ligneuse.

Le caractère névralgique de la forêt en Mauricie se vérifie avec l’utilisation qu’en font des dizaines de milliers de personnes en Mauricie, autant les résidents que les touristes. Les activités en lien ne manquent pas, que ce soit la pêche, la randonnée, la villégiature, bref tout ce qui se rapporte à un séjour en milieu forestier. Les retombées économiques se chiffrent à coup de millions de dollars. Mais pour que cet impact reste durable, il importe qu’on prenne soin de la forêt de la même manière.

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