Audrey Hivon, mars 2019

Définir le féminisme en 2019 est un réel défi : l’éventail des enjeux féministes et des perspectives est très large. Chaque femme ne vit pas la même réalité et elle évolue en portant des valeurs, des principes et des croyances qui façonnent sa vision du monde. La lutte au patriarcat est présente pour chacune, mais demeure indivisible des autres oppressions vécues.

On suggère alors que les femmes s’unissent, malgré leurs différences, et deviennent des alliées. Il s’agit là de l’un des buts du féminisme intersectionnel.

Qu’est-ce que l’intersectionnalité ?

Ce terme est utilisé en sciences sociales pour désigner une situation où des individus vivent plusieurs formes de discriminations et de dominations, dans un même temps. Ces dernières peuvent être fondées notamment sur le racisme, le sexisme, l’homophobie, la capacité physique et l’âgisme.

Féminisme inclusif intersectionnel
Le féminisme intersectionnel reconnaît les autres formes doppressions que peuvent vivre les femmes comme les femmes racisées. Crédits: Lallab

Selon le Comité québécois femmes et développement de l’Association québécoise des organismes de coopération internationale, l’un des principes de la notion d’intersectionnalité est que « les systèmes d’oppression s’alimentent et se construisent mutuellement tout en restant autonomes ». Par conséquent, il ne faut pas s’attaquer seulement à l’un de ces systèmes, mais plutôt à leur ensemble, et ce, de manière simultanée afin d’apporter un changement pour toutes les personnes vivant une pluralité de discriminations.

Le féminisme intersectionnel

Statistiques Canada met en relief que les femmes autochtones et les femmes de la communauté LGBT sont plus à risque de subir des formes de violence. L’incapacité physique et psychologique ainsi que la vie dans une région éloignée sont également des facteurs susceptibles d’influer sur l’augmentation de la violence.

Pour sa part, la Fédération des maisons d’hébergement pour femmes souligne que le féminisme intersectionnel « repose sur le postulat que les femmes ne sont pas toutes égales entre elles et que certains groupes de femmes ont été silenciés, invisibilisés ou marginalisés au sein des différents mouvements sociaux ». Cela peut expliquer pourquoi d’autres éléments de l’identité des femmes peuvent devenir des risques importants en contexte de violence et la complexifier.

Le féminisme intersectionnel tend donc à être une approche holistique et inclusive pour les femmes. Elle permet de mieux comprendre leur situation et de réunir une diversité d’enjeux féminins.

Une approche en croissance

L’utilisation du féminisme intersectionnel s’accroît comme outil et cadre d’intervention dans les organismes œuvrant auprès des femmes. Ceux-ci proposent alors un soutien davantage personnalisé et reconnaissent l’expertise de la femme en situation de vulnérabilité sur son propre cas. Cela permet d’établir plus facilement une relation de confiance, ce qui est non négligeable dans ce type de contexte.

Ainsi, le Regroupement des Centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel a élaboré un programme visant à former ses intervenantes en matière d’agression sexuelle en contexte d’intersectionnalité.

D’autres initiatives permettent de cibler les différents besoins des femmes sur un territoire donné et les façons dont elles peuvent devenir des alliées. C’est d’ailleurs le but poursuivi par le comité interculturel et intersectionnel Les TRois sœurs issu de la Table de concertation du mouvement des femmes de la Mauricie.

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