Real Boisvert Gazette de la MauricieRéal Boisvert, janvier 2017

 

Maintenant que la fluoration de l’eau à Trois-Rivières est chose du passé, revenons à l’essentiel. Intéressons-nous à la santé dentaire de tous les enfants de la région. Et rappelons-nous en même temps que la carie dentaire est probablement l’un des problèmes de santé les plus faciles à traiter.

Comme de fait, une très large proportion d’enfants de la région ne présente aucune carie. Sauf exception, il est vrai que ces enfants ont la chance d’appartenir à un milieu familial relativement aisé. En effet, la santé dentaire – et cette statistique n’a pas encore été démentie – évolue selon un profil épidémiologique voulant que 80 % des caries se retrouvent dans la bouche de 20 % des enfants les plus défavorisés, qui résident euxmêmes dans les communautés locales les plus déshéritées de la Mauricie. La fluoration de l’eau avait donc pour seul objectif de prévenir la carie chez les enfants les plus pauvres et, détail non négligeable, à Trois-Rivières seulement. Cela en espérant que ceux-ci ingèrent « 80 % des caries se retrouvent dans la bouche de 20 % des enfants les plus défavorisés » Après le fluor, une mobilisation pour la santé dentaire ? Maintenant que la fluoration de l’eau à Trois-Rivières est chose du passé, revenons à l’essentiel. Intéressons-nous à la santé dentaire de tous les enfants de la région. Et rappelons-nous en même temps que la carie dentaire est probablement l’un des problèmes de santé les plus faciles à traiter. pour la peine leur dose quotidienne d’eau fluorée, nonobstant son inefficacité contre le tartre, la gingivite ou une carence vitaminique quelconque.


« 80 % des caries se retrouvent dans la bouche de 20 % des enfants les plus défavorisés »

La recette à la base de la santé dentaire passe par une alimentation correcte, une hygiène buccodentaire adéquate et une visite annuelle chez le dentiste. Si la santé publique est résolue dans sa volonté de combattre la carie chez les enfants les plus pauvres, il lui suffit de tabler sur ces axes d’intervention en les adaptant au contexte particulier des familles en situation de précarité socio- économique.

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Au premier chef, il s’agirait d’inclure davantage de considérations relatives à la santé dentaire dans le domaine de la lutte contre l’insécurité alimentaire. Du même coup, il serait indiqué d’en faire autant en ce qui concerne les interventions propres à l’adoption de saines habitudes de vie, surtout que l’hygiène buccodentaire s’avère à la portée de tous, quitte à distribuer gratuitement des brosses à dents et du dentifrice dans les écoles les plus défavorisées. Ces deux mesures restent cependant insuffisantes en l’absence de l’amélioration significative des conditions de vie des enfants les plus démunis. La santé publique nous a toutefois démontré par le passé qu’elle agissait comme un acteur de premier plan en matière de développement collectif, en particulier en ce qui a trait à ses efforts visant l’amélioration de la capacité d’agir des individus et des communautés regroupés dans les premiers quartiers de nos villes. Dans cette mouvance, on retrouve un bassin de leaders et d’entrepreneurs sociaux aptes à soutenir une forte mobilisation citoyenne autour de l’importance d’offrir aux enfants les plus démunis une visite annuelle chez le dentiste. Au demeurant, les dentistes du réseau de la santé, si on se fie à l’opiniâtreté avec laquelle ils ont promu la fluoration, sont bien placés pour rappeler au ministre l’excellent rapport coûts-bénéfices d’une telle politique.

À moyen terme, en tant que vecteur de l’estime personnelle et de la confiance en soi, on sera surpris de voir à quel point un sourire complet et éclatant peut créer un effet positif sur la réussite scolaire des élèves les moins favorisés.

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