De nombreux efforts ont été consentis au cours de la dernière année pour améliorer la qualité de notre environnement en Mauricie. Par contre, beaucoup reste à faire notamment en matière de transports actifs. Crédits : Dominic Bérubé

Lauréanne Daneau, Directrice du Conseil régional de l’environnement Mauricie, janvier 2017 

 

La Mauricie, cette belle d’à côté, possède un territoire et des ressources naturelles exceptionnelles qui soulèvent chaque année des enjeux et opportunités environnementales. Retour sur 2016 pour anticiper 2017.

EAU


La nouvelle Stratégie québécoise sur l’eau 2017-2032 prévoit revoir les mesures de protection et de valorisation de l’eau. Bien qu’elle n’y soit pas tributaire, la démarche avortée de la Ville de Trois‑Rivières relativement à la fluoration de l’eau potable est accueillie comme une belle victoire par les citoyens qui y voyaient une atteinte au droit sacré d’un accès à une eau saine. Pour 2017, l’enjeu de la dégradation du Lac St-Pierre et la vulnérabilité des eaux souterraines devront faire l’objet d’une meilleure documentation.

OLÉODUC

L’oléoduc Énergie Est de TransCanada, selon le tracé proposé, traverserait non seulement un nombre considérable de terres agricoles, mais également les rivières Saint-Maurice et Sainte‑Anne, desquelles est puisée l’eau potable de certaines municipalités. Ce projet très controversé sur lequel les élus régionaux ont échoué à répondre d’une voix commune nous colle le nez sur un problème que nous préférions oublier : notre dépendance au pétrole.

QUALITÉ DE L’AIR

Lorsque l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) plaçait au printemps dernier Trois-Rivières au premier rang des villes québécoises ayant la pire pollution atmosphérique, la question de notre héritage industriel, mais aussi de nos moyens de transport a refait surface. En Mauricie, l’auto est reine et maître en raison de la dispersion de la population sur le territoire, du manque de propositions de transports alternatifs et de la culture bien ancrée de déplacements en solo. Selon le ministère du Transport, le nombre d’automobiles sur les autoroutes 40 et 55 dans la région de Trois-Rivières a cru de 80 % en 20 ans, alors que la croissance de la population n’a été que de 4 %. Des campagnes de sensibilisation qui envoient des images positives se tiennent chaque année et seront encore au rendez-vous en 2017, combinées à des projets innovateurs réfléchis par un consortium d’intervenants régionaux.

AGRICULTURE

Le secteur agricole doit poursuivre ses réflexions quant aux impacts sur les sols et cours d’eau causés par l’utilisation de pesticides et de fertilisants chimiques. Soulignons que plusieurs producteurs montrent un intérêt à réduire leur impact environnemental, comme en témoigne leur participation au projet collectif d’audit énergétique de la Fédération de l’UPA de la Mauricie. Cette dernière a dressé un portrait de la consommation d’énergie de 30 producteurs de Maskinongé et leur a recommandé des mesures pour améliorer le chauffage, la ventilation et l’éclairage de leurs installations.

AMÉNAGEMENT FORESTIER

La forêt mauricienne, qui couvre 85 % du territoire, n’est pas en reste. Les changements climatiques incitent les agents du milieu à une vigilance accrue concernant les feux de forêt. Également, la révision du Plan d’aménagement forestier intégré et la mobilisation de la Table de gestion intégrée des ressources et du territoire permettent aux intervenants de la foresterie d’exercer un suivi sur les enjeux de la durabilité des écosystèmes, la qualité des habitats fauniques et la capacité de production de la forêt. Par ailleurs, le développement de l’énergie par biomasse forestière résiduelle annonce des projets inspirants comme celui de la centrale de cogénération prévue dans la communauté atikamekw d’Opitciwan.

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