Diane Lemay, octobre 2019

À l’heure actuelle, plusieurs voient l’école comme le lieu où les jeunes se préparent à intégrer le marché du travail afin de pallier la pénurie de main-d’œuvre. Mais l’école doit-elle être seulement l’outil servant à former des citoyens aptes à servir la société de consommation ? Ne sommes-nous pas devenus trop pressés de diplômer de potentiels travailleurs ? Oserons-nous voir plus large et dénoncer son instrumentalisation et sa marchandisation ?

Il est vrai que le système scolaire assure en partie ce rôle, mais est-ce sa seule mission ? Former des jeunes, oui, mais afin qu’ils soient exercés à réfléchir, à se questionner. Soutenir chez ces derniers le développement d’une pensée critique afin qu’ils ne se modèlent pas aux tendances et au populisme. Développer chez eux cette capacité d’introspection qui leur permettra de devenir les acteurs de premier plan d’une société juste, libre et équitable. Ils seront ainsi en mesure de relever les défis auxquels l’humanité fera face dans les prochaines années. Ces défis seront entre autres de l’ordre du politique, de la science (fake news), de l’ouverture à l’autre (immigration, racisme, sexisme), de l’environnement (réchauffement climatique) et de l’éthique.

C’est le rôle des enseignants mais aussi celui des professionnels de l’éducation, notamment des AVSEC (animateur à la vie spirituelle et à l’engagement communautaire), qui accompagnent les jeunes dans l’exercice d’une véritable citoyenneté.

Souvent méconnu, le Service d’animation spirituelle et d’engagement communautaire a été conçu pour soutenir les élèves dans leur désir de s’accomplir sur les plans personnel et social. Les animateurs de ce service invitent les jeunes à expérimenter une approche centrée sur l’action et à œuvrer dans le laboratoire de la vie.

C’est par cette expérimentation et ces échanges que les élèves accroissent leur jugement critique. Ils cherchent à travers cette pratique à donner du sens à leur vie. Ils réfléchissent à l’importance de la vie en société.

Écouter cet extrait audio avec Guillaume Lavoie : Former des citoyens ou des travailleurs ?

Prenons par exemple les enjeux liés à l’environnement et aux changements climatiques. L’an dernier, les élèves de la commission scolaire du Chemin du Roy ont signé un manifeste et présenté aux élus de la Ville de Trois-Rivières leurs revendications quant à l’urgence climatique. Line Desgagné, l’AVSEC, de l’école secondaire des Pionniers, les a accompagnés dans cette démarche.

De plus, à l’intérieur de ce service, les jeunes soutiennent différentes causes sociales et s’impliquent comme bénévoles lors de levées de fonds pour Leucan, Noël du pauvre, Noël des nôtres et Partage Mauricie.

De plus, ces élèves s’engagent aussi dans des projets d’aide aux devoirs dans des milieux défavorisés. Ils se joignent à des groupes comme Amnistie internationale et Environnement-Jeunesse. Certains AVSEC proposent des stages d’initiation à la solidarité internationale dans des pays en voie de développement pour favoriser cette ouverture aux autres cultures, mettant ainsi en application le principe d’« aller voir ailleurs pour mieux comprendre ce qui se passe ici ».

Sur le plan individuel, ces jeunes forment des groupes d’introspection qui utilisent la méditation pour réduire le stress et l’anxiété. Par exemple, ils organisent des groupes de deuil pour les jeunes ayant perdu un être cher.

Combien de fois les AVSEC ont-ils pu observer un changement d’attitude ou d’orientation et la naissance d’une conscience sociale à travers ces projets d’engagement et de réflexion ! Et que dire de ces jeunes maintenant adultes, assidument engagés dans leur communauté… Voilà une toute autre vision de l’éducation !

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