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Louis-Serge Gill, novembre 2019

En ayant suscité la mobilisation de milliers de personnes – principalement des jeunes –, le 27 septembre 2019 marque certainement l’histoire des mouvements sociaux quant à une plus grande action politique face aux changements climatiques. En ce sens, ENvironnement JEUnesse milite présentement pour le droit à un environnement sain pour les jeunes de 35 ans et moins. La Gazette a rencontré la directrice générale de l’organisme, Catherine Gauthier.

Droit et changements climatiques

L’instauration de lois relatives à la lutte aux changements climatiques constitue pour de nombreux scientifiques, et pour Catherine Gauthier, une avenue vers une meilleure justice sociale et un respect des droits fondamentaux de la personne.

En octobre 2018, le GIEC a publié un rapport accablant : des scientifiques de partout dans le monde prévoient un réchauffement planétaire de 1,5 oC d’ici 2030. En avril 2019, Linda Duncan, ancienne députée du NPD déposait le projet de loi C-438 pour une Charte canadienne des droits environnementaux qui « introduirait une reconnaissance officielle du droit des Canadiennes et Canadiens à un environnement sain ainsi que l’obligation légale pour le gouvernement fédéral de protéger ce droit ».

D’où la nécessité, pour l’organisme ENJEU, d’établir un lien entre un environnement sain et le droit à la vie et à la sécurité. Ajoutons à cela que l’article 46.1 de la Charte québécoise des droits et libertés de la personne ne pourrait être plus clair : « Toute personne a droit, dans la mesure et suivant les normes prévues par la loi, de vivre dans un environnement sain et respectueux de la biodiversité. »

Un enjeu générationnel

Toutefois, si ENJEU porte avant tout la voix des jeunes, c’est qu’ils subiront des conséquences beaucoup plus graves que celles que connaîtront les générations actuelles : l’organisme souhaite donc établir une équité intergénérationnelle.

Entre autres, pour rectifier le tir, il faut prévoir un contrôle des émissions de gaz à effet de serre qui concorde avec les données scientifiques et s’assurer de prendre tous les moyens possibles pour respecter les droits des jeunes.

Et les jeunes d’ENJEU ne sont pas seuls à mener le combat. À titre d’exemple, en avril 2019, Julie Gelfand, ancienne commissaire fédérale à l’environnement, soulignait l’inaction du gouvernement de Justin Trudeau dans la diminution de l’exploitation des combustibles fossiles.

Éducation à la mobilisation citoyenne

Cependant, qu’advient-il de l’opinion des jeunes conscientisés quand ils n’ont pas le droit de vote ? ENJEU offre des ateliers et des formations sur divers aspects (mode écoresponsable, zéro déchet), un marché de Noël écoresponsable, ainsi qu’un colloque annuel.

D’ailleurs, dans un mémoire déposé le 14 octobre dernier, les jeunes soumettent l’idée d’une charte des droits naturels, en sus du projet de charte canadienne des droits environnementaux. De fait, les participants au colloque «exigent une meilleure protection des espèces menacées et une conservation de la biodiversité, la protection du patrimoine naturel du Québec».

Il s’agit bien sûr de l’une des nombreuses revendications des jeunes portées par l’organisme ENJEU, dont celles-ci : insister davantage sur les moyens de transport durables, assurer une transition énergique en délaissant les combustibles fossiles, mieux éduquer à la citoyenneté et à l’environnement, etc.

À quand, donc, demandent les jeunes, l’attribution d’une personnalité juridique au fleuve Saint-Laurent ? Voilà une piste de réflexion bien stimulante qu’il faudra suivre avec attention.

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