Réal Boisvert, février 2019

À l’invitation de la Société Saint-Jean-Baptiste de la Mauricie, Dominic Champagne s’est arrêté à Trois-Rivières récemment, donnant ainsi le coup d’envoi à une tournée des régions du Québec afin de lancer un dialogue citoyen à partir du Pacte pour la transition auquel ont adhéré jusqu’ici plus d’un quart de million de signataires.

Les animaux de la forêt se disent qu'ils devraient faire quelque chose pour sauver les humains. Caricature de Boris.

Les études le confirment, si nous ne réduisons pas dans les meilleurs délais nos émissions de gaz à effet de serre d’au moins 45 %, ce sera la catastrophe : chaleurs suffocantes, déluges, épidémies, pénuries alimentaires, émeutes et conflits armés accrus. Ce bilan, si accablant soit-il selon Dominic Champagne, a pour but de nous faire voir la réalité en face. Il nous oblige à nous tenir debout devant la tempête et à convenir d’un changement radical de notre mode de vie. Pour y arriver, il faut placer la raison au cœur de nos choix individuels et collectifs et se mettre résolument en action. « Tout est encore possible », affirme Dominic Champagne.  

Dominic Champagne

Acte 1, l’engagement individuel

Le pacte ne manque pas d’exemples. Éviter de consommer de la viande rouge en fait partie. Réduire son empreinte écologique également. Mais sur le fond une chose est claire : il ne s’agit pas de culpabiliser ou d’accabler quiconque mais de faire en sorte que chacun fasse sa part.

Acte 2, l’action gouvernementale

« Quand aura-t-on au Québec un ministère de l’environnement digne de ce nom », demande Dominic Champagne? Mieux, pourquoi le premier ministre ne serait-il pas lui-même le responsable en titre de l’environnement, question de regrouper l’action de tous les ministères autour de l’urgence climatique? Pourquoi encore le Québec ne serait-il pas un chef de file international en matière de réduction des gaz à effet de serre? Avec Hydro-Québec on a tout ce qu’il faut pour procéder à une électrification massive des transports et se donner une efficience énergétique optimale. Ce qu’a fait René Lévesque en nationalisant l’électricité, lui qui s’est dressé devant les propriétaires de barrage et les patrons de la haute finance, ne pourrait-on pas l’appliquer ailleurs?  Au lobby du pétrole, aux développeurs immobiliers, aux compagnies minières par exemple?  

Acte 3, la mobilisation collective

Le Québec est l’un des seuls territoires au monde qui a réussi à bloquer l’exploitation des gaz de schiste, rappelle Dominic Champagne. L’action citoyenne a permis de venir à bout du pipeline Énergie Est et elle a stoppé la construction d’un port en eau profonde à Cacouna. En se retroussant les manches, on devrait arriver à tuer dans l’œuf le projet destiné à acheminer le gaz de l’Alberta jusqu’à une usine de liquéfaction à Saguenay, évitant ainsi de lancer des milliers de tankers dans le fjord.  Sans compter, conclut-il, qu’on pourrait bien se passer de l’usine de production d’urée projetée à Bécancour, un produit destiné à une exploitation agricole dépassée et délétère.

Tombée de rideau

À l’issue de la conférence, l’enthousiasme des 150 personnes qui se sont déplacées par -25oC  pour entendre et discuter avec Dominic Champagne était tel qu’il est permis de croire que le mouvement du Pacte pour la transition est parti pour aller loin, très loin encore. De quoi espérer, entre autres, qu’un million de personnes au Québec signent le Pacte, rien de moins !

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