La Gazette de la Mauricie, en collaboration avec le Pôle d’économie sociale Mauricie et la Caisse d’économie solidaire Desjardins, vous présente la série Cap sur l’innovation sociale. Dans chacune de nos parutions d’ici juin 2018, nous mettrons en lumière un projet ou une initiative entrepreneuriale qui répond de façon originale à un besoin de notre collectivité. Voici le quatrième de la série de neuf reportages.

Caisse d'économie solidaire Desjardins

Économie sociale Mauricie

Steven Roy Cullen Gazette de la Mauricie

Steven Roy Cullen, janvier 2018

Notcimik est un mot de la langue atikamekw pouvant signifier « dans la nature » ou « dans la brousse », mais aussi « là d’où je viens ». Au Domaine Notcimik, un centre de villégiature à caractère autochtone au cœur de la nature mauricienne, ce mot prend tout son sens.

Madeleine Basile et Alain Castonguay, les copropriétaires de l’endroit, nous reçoivent comme si nous faisions partie de la famille. Dès que nous mettons les pieds dans leur domaine, nous nous sentons à la maison. Ce sentiment est si fort que nous ne voulons plus quitter cet endroit.


Parlez-en à la famille Claudel. Un séjour qui devait durer le temps d’une fin de semaine s’est finalement étiré à cinq jours. « On a vraiment apprécié l’accueil d’Alain et de Madeleine, qui était fabuleux. On a eu un très bon contact avec eux. Le domaine était très joli, la nature, les installations, tout était parfait ! » souligne Antoine Claudel.

Panser les plaies d’autrefois

Tourisme autochtone notcimik
Liliana et Antoine Claudel écoute attentivement le récit de Madeleine lors de leur dernière journée au Domaine Notcimik.
Crédits : David Denis Dufresne

Une rencontre avec Madeleine, « l’âme » du Domaine Notcimik, permet de saisir la raison d’être du lieu. Madeleine est née à La Tuque. Dès le lendemain de sa naissance, sa mère l’emmenait dans la forêt un peu au nord de Wemotaci, sur le bord de la rivière Saint-Maurice. Elle allait y passer une partie de son enfance avant d’être envoyée dans un pensionnat indien. « Cela a été un drame. Cela a vraiment été un déracinement pour nous, les enfants », raconte-t-elle.

Dans ce contexte, la mise sur pied du Domaine Notcimik permet un peu de panser les plaies d’autrefois. « La mission du domaine s’inscrit dans un esprit de vérité et de réconciliation. Elle vise à créer un lieu de diffusion de la culture atikamekw dans un environnement naturel et sécuritaire », explique Madeleine.

Transmettre les traditions autochtones

Le déracinement provoqué par le système de pensionnats constitue en quelque sorte le début de l’affaiblissement de la transmission de la culture autochtone. « Madeleine et moi constations une perte de la sagesse autochtone au fil du temps. Chez nos petits-enfants, la culture atikamekw est plus diluée », avoue Alain, le mari de Madeleine et « les bras » du Domaine Notcimik.

Grâce à ce domaine, les Atikamekw, mais aussi les membres des autres nations autochtones, les Québécois de toute origine et les touristes étrangers disposent d’un lieu exceptionnel de partage interculturel. Et ce lieu ne bénéficie pas qu’aux visiteurs. « Je suis en train de me redécouvrir, de découvrir ma culture, ma langue par des enseignements que je reçois », révèle Madeleine au sujet des retombées personnelles de son projet, qui est né officiellement en 2015.

Une visite marquante

Le Domaine Notcimik offre une variété de types d’hébergement à ses visiteurs dont une tente prospecteur atikamekw, des tipis sioux et un magnifique capitowan (maison longue). Il propose aussi une diversité d’activités traditionnelles autochtones.

Les rencontres et les échanges demeurent néanmoins les principaux attraits du Domaine Notcimik. C’est l’avis, du moins, des membres de la famille Claudel, qui sont partis à reculons, les larmes aux yeux et imprégnés profondément par leur rencontre avec Madeleine et Alain.

www.domainenotcimik.com

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