Pierre Lavergne, avril 2015pierre trans

Caroll Yadira une jeune Costaricaine rêvait de faire une carrière universitaire mais, considérant les dizaines de milliers de dollars que cela nécessitait, jamais elle n’aurait cru pouvoir le faire. « Dans mon pays, les études universitaires coûtent très cher. Il faut provenir d’une famille disposant de beaucoup de ressources pour pouvoir accéder aux études supérieures. » Un jour son père lui offre une machine à coudre comme unique alternative à ses projets.  Après avoir pleuré sur son sort, elle décide de se trouver un travail pouvant lui permettre de poursuivre ses études.

Se souvenant que, lorsque son jeune frère a souffert d’une hépatite aiguë, son père a dû se rendre dans plusieurs hôpitaux avant d’obtenir les soins appropriés « Lorsque j’ai vu mon frère quasiment mourir dans les bras de ma mère à cause d’un manque de soins médicaux, j’ai décidé de devenir médecin! ». Dans le cadre de ses recherches en vue de pouvoir étudier la médecine, Caroll apprend qu’il existe à Cuba une université qui forme gratuitement des médecins étrangers. En effet, en 1998, suite à la dévastation semée en Amérique centrale par les cyclones George et Mitch, qui laissent sur leur passage des dizaines de milliers de morts et des millions de sans-abris, le gouvernement cubain décide de transformer une base militaire en École internationale de Médecine afin d’être en mesure de réagir rapidement lors de catastrophes semblables. Au total, plus de 1 600 nouveaux médecins étrangers quittent l’établissement diplôme en main chaque année. En 15 ans, plus de 20 000 jeunes médecins provenant de 123 pays y ont été formés totalement gratuitement.

Caroll se présente à l’examen d’admission et est sélectionnée pour faire partie d’une cohorte de jeunes qui proviennent tous et toutes d’un milieu défavorisé, dont 33 sont d’origines américaines. Comme ses confrères et consœurs, elle s’engage en contrepartie de son admission à retourner dans son milieu afin d’exercer sa pratique médicale auprès des plus démunis. Le 28 octobre dernier, après 3 années d’études supplémentaires, celle que son père destinait à devenir couturière obtenait son diplôme de chirurgienne pédiatrique!

Face aux demandes pressantes venant de partout dans le monde, le gouvernement Cubain a ainsi créé 11 écoles de médecine à l’étranger en collaboration avec les pays les plus pauvres de la planète.

Au lendemain du terrible tremblement de terre qui a frappé Haïti en 2010, plus de 600 médecins cubains se sont rapidement rendus sur place pour y prodiguer des soins. Suite à la propagation du virus de l’Ébola, c’est près de 400 médecins cubains qui se sont rendus l’automne dernier en Afrique de l’Ouest pour y combattre cette terrible épidémie au risque de leur vie.  Il y a dix ans, le gouvernement cubain lançait un vaste programme de soins ophtalmologiques baptisé « Opération miracle », qui a permis de rendre la vue à près de 2 millions de personnes.  La construction par Cuba de 51 centres ophtalmologiques dans 12 pays permet aujourd’hui à un million de personnes de recouvrer la vue chaque année!

Si le Canada et les États-Unis faisaient montre d’une générosité semblable, ce serait plus d’un million de travailleurs de la santé qui œuvreraient partout dans le monde!  Alors que ces deux pays consacrent annuellement plus de mille milliards de dollars à l’industrie militaire, on peut se demander si l’allocation de ces sommes colossales à la formation de travailleurs de la santé ne serait pas un moyen beaucoup plus efficace de combattre le terrorisme.

Yamil, chirurgien équatorien formé à Cuba, me confie : « De toutes les expériences que j’ai vécues celle qui m’a le plus marqué est la chaleur de la relation entre le médecin et son patient, si caractéristique de la médecine cubaine… J’ai opéré des gens dont la vie était en danger.  Ces gens reviennent me remercier, me donnent la main chaleureusement dans la rue. Mais avant tout, j’ai appris l’amour de la profession, j’ai appris énormément de l’amabilité du peuple cubain qui adore danser et débattre… »

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