Marjolaine CloutierPôle d’économie sociale de la Mauricie 

Cet été je suis une maman bien fière de sa fille. Bien que je le sois tout le temps vous me direz… Mais cet été, elle a troqué son emploi habituel pour vivre l’aventure économie sociale.

Et tant qu’à être dans le changement de carrière étudiante, v’la t’y pas que son amoureux fait de même, tout comme leur copain Simon.

Mais avoir un emploi d’été dans une entreprise d’économie sociale, qu’est-ce que ça change ? Je leur ai posé la question.

Manu, 19 ans, future étudiante en langues modernes à l’Université Bishop’s

Animatrice Musée POP à Trois-Rivières – été 2020 :

« Le Musée Pop. C’est vraiment super. Les expos sont intéressantes et j’adore ça pouvoir guider les familles qui s’y présentent. Je souhaite enseigner, alors transmettre des connaissances je trouve ça génial.  En plus, avec les POP visites, les enfants sont vraiment contents. Je m’ennuie quand même de temps à autre, entre les visites ça peut être long. J’aimerais ça qu’il y ait plus de monde, mais avec la situation, le Musée n’est pas à sa pleine capacité de visites. Mais bon, on est une sacrée belle équipe, alors on occupe le temps, on crée des liens. »

« Je savais que le Musée était une entreprise d’économie sociale, mais ça restait un concept un peu théorique pour moi. Je savais que ces entreprises collectives mettaient l’humain et ses besoins au centre de la mission et de l’activité des organisations, mais sans plus.  Aujourd’hui, dans le quotidien je m’en rends bien compte de cette différence. La gestion est humaine, l’employeur est à l’écoute tant des besoins de la clientèle que des employés. Je ne dis pas qu’à mon ancien emploi en restauration rapide ce n’était pas le cas, mais ça dépendait du gérant. Même que pour certains employeurs, on était tous des numéros et il fallait travailler vite, faire entrer des sous. Tandis qu’ici, c’est une philosophie d’entreprise : la gestion humaine. Cette expérience m’aura fait changer mes perspectives du monde du travail, ne pas toujours courir après le profit, mais plutôt choisir l’équilibre, répondre aux besoins, chercher la qualité de vie pour tous. Me lever pour aller travailler cet été, c’est un bonheur, ce n’est pas une corvée et j’espère bien renouveler l’expérience, sans masque, à l’été 2021. »

emploi
Félix-Antoine et Manu sur sur la plage de Plein Air Ville-Joie

Félix-Antoine (Kit-Kat), 18 ans et 11/12e, futur étudiant en enseignement de l’éducation physique, Université de Sherbrooke

Animateur de camp de jour à Plein Air Ville-Joie :

« Je ne pouvais pas ne pas connaître l’Économie sociale puisque ma belle-mère nous en parle un peu, beaucoup, passionnément, à la folie… ha ha !! Mais j’ai vite compris ce qu’elle voulait dire en travaillant au camp. Ça fait changement de mon emploi au dépanneur. Maintenant j’ai vraiment l’impression de faire partie d’un tout. On me fait confiance, il n’y a pas de réprimandes, mais plutôt des échanges. C’est évident que les patrons sont là pour la mission de l’entreprise, parce qu’ils y croient. Tout le monde est content d’être là. Les petits et les grands. Je suis très fier aussi de voir que les profits sont réinvestis dans la mission. On fait naître des étoiles dans les yeux des enfants. Si je dois rester une heure de plus le soir, ben je le fais avec grand plaisir. »

  • « Cette expérience m’aura fait grandir et c’est certain que je vais devenir à mon tour un ambassadeur de l’économie sociale tout comme la belle-mère. Parce que travailler pour le bien-être de sa communauté, c’est « payant» et j’espère bien renouveler mon expérience en 2021. »

Simon, 19 ans, étudiant en Techniques policières, Cégep de Trois-Rivières

Guide d’aventure Via ferrata et Parcours d’arbres en arbres au Parc de la rivière Batiscan :

  • « Je vais être bien franc, je ne connaissais pas du tout l’économie sociale et je ne savais pas que le Parc en faisait partie. Je savais que c’était un OBNL. Je constate sur place que tout est axé vers le service. On est là pour répondre aux besoins des gens, des familles.  Pour offrir des services de qualité, aussi aux résidents qui habitent autour. Je pense bien que dans le fond, l’économie sociale c’est ça. Servir la communauté et non vouloir faire de l’argent à ses dépens. Et ça, j’aime ça. »
  • « J’adore mon travail. On ne me pousse pas à la performance, mais plutôt à bien faire les choses et à me dépasser. Je peux poser des questions, discuter. J’aurai appris beaucoup cet été, sur moi, sur le service à la clientèle et sur le plein air. Ça m’a même donné le goût de peut-être changer de domaine d’études, ou du moins de m’ouvrir d’autres portes en lien avec l’aventure plein-air.

Et bien, si les jeunes se sentent si à l’aise avec ce type d’emplois d’été, ces environnements différents, ce modèle économique humain, ne serait-ce pas parce qu’ils ont les valeurs à la bonne place et que dans le fond, nous aurions tout avantage à  les écouter un peu plus ?

 

 

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