Valerie Delage Gazette de la MauriciePar Valérie Delage, mai 2017

Un vent de fraîcheur souffle sur les mouvements citoyens. Les gouvernements en place ont beau tenter d’exclure le peuple des prises de décisions – dans ce qui devient de plus en plus une parodie de démocratie – celui-ci trouve d’autres moyens de se faire entendre.

De fait, davantage de citoyens et citoyennes se détournent de la politique traditionnelle pour s’organiser en parallèle et prendre l’avenir de leur milieu de vie en main. Ainsi, le 4 avril dernier, une première rencontre citoyenne a réuni près de 200 personnes de toutes les générations et classes sociales dans un seul et même but : développer des initiatives locales qui feront de TroisRivières une ville à l’image des gens qui l’habitent. Demain ma Trifluvie est née de l’initiative apolitique de quelques personnes, inspirées pour la plupart du film Demain, qui montre comment des actions citoyennes partout dans le monde, même à petite échelle, peuvent faire évoluer les choses.


Lors de cette soirée, les gens étaient invités à se regrouper à des tables selon les thématiques correspondant à leurs intérêts. Certains arrivaient avec des projets précis, d’autres avec le désir de partager leurs idées ou d’être partie prenante d’un processus citoyen où ils pourraient enfin contribuer réellement au progrès de leur ville. En moins d’une heure de discussion, il en est ressorti des idées, et des belles ! Preuve que les élus municipaux auraient tout intérêt à consulter plus souvent les citoyens. Or, s’il faut souligner la présence de quelques conseillers municipaux, soit Jean-François Aubin, Pierre-Luc Fortin, Marie-Claude Camirand et Luc Tremblay, il faut aussi noter l’absence du maire – même si les oreilles ont dû lui siffler pendant cette soirée ! En effet, l’une des phrases que j’ai le plus entendues en me promenant autour des tables était : « Pour que ça marche, il faudrait d’abord convaincre le maire d’embarquer. »

Pourtant, les idées novatrices et porteuses d’espoir foisonnaient : une page Facebook pour la ville de Trois-Rivières afin de favoriser la communication et la transparence, le transport en commun accessible, l’autopartage, des frigos communautaires. Et ce ne sont que quelques exemples des innombrables idées lancées dans cette effervescente soirée. Certains des projets ébauchés sont même déjà en train de se concrétiser, comme la bibliothèque d’outils dénommée Atelier des premiers quartiers. Par ailleurs, la table des enfants était particulièrement préoccupée par les questions d’environnement, notamment bannir les sacs en plastique, prolonger le réseau cyclable dans toute la ville. Ces jeunes de la relève citoyenne mériteraient de former un comité consultatif pour nos élus ! Globalement, les préoccupations qui prédominaient aux diverses tables étaient en lien, d’une part, avec l’environnement et, d’autre part, avec le désir de communication et de proximité, tant avec les élus qu’entre citoyens, entre générations et entre voisins, pour créer un sentiment d’appartenance et de bien- être dans notre milieu de vie.

Pour ma part, bien que je me sois sentie concernée par tous les thèmes abordés, c’est l’idée d’instaurer une monnaie locale qui m’interpellait le plus. Ce projet m’inspire car il réunit de nombreux autres enjeux (achat local, lutte à l’évasion fiscale, environnement, etc.). J’ai bien peu de compétences en la matière, mais j’ai rencontré beaucoup de gens partageant le même intérêt. Si bien que nous avons déjà convenu d’une autre rencontre pour mettre en branle le projet. L’un d’entre nous a même pensé à un beau nom pour notre monnaie : le « trifluvien ». Viendrez-vous rêver avec nous des moyens de faire fructifier ces trifluviens ?

En route ! Le peuple est en marche !

Suivez les développements sur la page Facebook Demain, ma Trifluvie

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