Mme Caroline Ricard et ses élèves de la maternelle, école PEI-Est Trois-Rivières

Quand les écoles adoptent un modèle pédagogique qui incite les élèves à s’engager pour vrai, dans une réelle recherche qui transforme leur conception même du monde qui les entoure, ce sont également les enseignants qui en profitent.

pédagogie en plein air
Caroline Ricard et ses élèves lors d’une sortie à l’île Saint-Quentin pour une classe en plein air.

Au cours de la dernière année scolaire, l’une de mes élèves, âgée de cinq ans,  m’a appris, ainsi qu’à tous les élèves de la classe et à leurs parents, le mot « adventice ». Cet apprentissage s’est fait dans le contexte de nos recherches à propos de « la verdure ». Mes élèves ont souhaité transmettre le fruit de leur travail au plus grand nombre, ce qui nous amène jusqu’à vous, dans ce numéro spécial de la rentrée scolaire 2017. Pour ma part, j’espère simplement partager mon bonheur de travailler en pédagogie par projets et d’y aborder des sujets qui permettent à mes élèves de toujours mieux s’enraciner dans leur monde. N’est-ce pas la plus belle mission que celle de contribuer à « faire naître des citoyens conscients et engagés » ? J’ai donc rassemblé en un texte continu les propos de mes jeunes élèves, recueillis lors d’une causerie visant à sélectionner les sujets importants qu’ils souhaitaient vous communiquer. Place à leurs idées et opinions !


Nous avons cinq et six ans, et nous étudions à l’école primaire d’éducation internationale (PÉI) du secteur Est de Trois-Rivières. Dans le cadre de notre module de recherche concernant le partage de la planète, nous avons appris que « verdure » est le terme utilisé pour désigner les végétaux qui nous entourent. Et les végétaux, ce sont des vivants, au même titre que les animaux et que, nous, les humains. Nous partageons donc la Terre avec eux. Ils sont même les premiers à avoir peuplé notre planète, après les bactéries et la première cellule de vie, bien sûr !

Nous devons plusieurs bienfaits aux végétaux. En plus de nous permettre de respirer l’oxygène (O2) qu’ils produisent en quantité et de recycler notre gaz carbonique (CO2), les végétaux nourrissent, guérissent, abritent et même habillent ! Depuis longtemps, les humains ont pu profiter de leur présence indispensable pour leur survie. De l’homme de Cro-Magnon à l’homme moderne, la verdure fait partie de notre vie.

Mais voilà que certains disent qu’il existe des « mauvaises herbes ». Pourquoi ? Est-ce exact ?

Nos recherches nous ont permis d’apprendre qu’en fait, « mauvaises herbes » n’est qu’une expression, au même titre que d’appeler « mauvais garnement » un enfant qui commet une bêtise. En effet, ce qu’il faudrait dire en parlant de ces plantes dont la seule bêtise commise est celle de s’implanter naturellement sans qu’on le souhaite, c’est qu’elles sont des « adventices ». C’est tout de même grâce à Maman la Terre qu’elles poussent, ces plantes ! Et elles ont sans doute leur utilité, non ? Et si nous devenions chercheurs et qu’ensemble nous tentions de découvrir leurs bienfaits ?

La plus populaire parmi toutes les plantes adventices est certainement le pissenlit. De nombreux citadins veulent s’en débarrasser. Pourtant, nous l’aimons bien, nous, cette belle fleur jaune qui devient toute blanche lorsque vient le moment de se reproduire !

Justement, une étudiante en herboristerie de Trois-Rivières, Maryse Denoncourt, est venue nous renseigner au sujet de la verdure qui cohabite avec nous, dont le pissenlit. Elle nous a appris que le pissenlit se mange au complet : en salade (feuilles et fleurs), en croustilles (feuilles déshydratées et assaisonnées), en marinade (boutons de fleurs), en café (racine grillée). On a même goûté à de la tire de pissenlits (pissenlits bouillis dans l’eau sucrée), et c’était délicieux ! Aussi, il paraît que certaines personnes en font du vin. Mais saviez-vous que le pissenlit aurait même la propriété de soigner la vessie et les problèmes urinaires au lit, comme son nom nous permet de le deviner ?…

Mais encore, nous pourrions vous parler d’autres adventices telles que le trèfle, l’achillée mille-feuilles et le plantain (voir notre reportage sur l’asclépiade qu’on tente de cultiver commercialement en Mauricie), ainsi que d’autres végétaux que nous n’appelons pas adventices parce que tous les aiment, ceux-là, tels l’aloès, les fruits et les fleurs, les herbes et les racines cultivées ou sauvages, oubliées ou non. Nous pourrions aussi vous parler des arbres dont nous profitons dans notre cour d’école et de tous ceux que nous croisons lorsque nous nous déplaçons dans la ville, du coton et du lin qui nous habillent et de l’importance de ne pas gaspiller le papier, fabriqué grâce aux végétaux.

Alors, s’il vous plaît, n’arrachez pas la belle verdure ! Donnez une place aux adventices sur vos terrains. Marchez dans les sentiers lorsque vous vous déplacez en forêt. Apprenez à mieux connaître la verdure qui vous entoure, peut-être cela aiderait certaines plantes à perdre ce surnom de « mauvaises herbes » ? Ne cueillez que les plantes dont vous avez vraiment besoin. Enfin, ne gaspillez pas de papier non plus et recyclez-le.

Savoir donne des responsabilités ! De Cro-Magnon à nous, hommes modernes, sachons qu’il faut prendre soin de la verdure parce qu’elle nous apporte beaucoup de bienfaits. Soyons des citoyens engagés et réfléchis, et puis merci de dire comme nous : Attention, verdure ! En toutes saisons, nous l’aimons tant !

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