Steven Roy Cullen Gazette de la MauricieSteven Roy Cullen, février 2017

Syrienne d’origine, Berivan Ahmad est arrivée à Trois-Rivières le 2 février 2016 avec son conjoint Seraj Muhammed et leur bambin d’un an. Il lui a fallu beaucoup de patience avant de pouvoir mettre les pieds au Canada. Mais, aujourd’hui, elle est reconnaissante de l’accueil réservé à elle et à sa famille.

LONG PARCOURS

Obtenir le statut de réfugié au Canada ne se fait pas en claquant des doigts. Le processus peut être long à partir du moment où on quitte son pays d’origine. À ce compte, Berivan a été plutôt chanceuse. « J’ai quitté la Syrie en 2011 et je suis allée me réfugier en Turquie. J’y suis restée environ trois ans et demi », explique-t-elle.

Réfugié
Berivan Ahmad est arrivée à Trois-Rivières avec son conjoint et son fils le 2 février 2016. Depuis un an, elle travaille fort pour apprendre le français. Elle est ici en compagnie de Joëlle Carle, une des Québécoises avec qui elle est jumelée.

En fait, ce temps d’attente est plutôt tributaire des circonstances et non de la lenteur du gouvernement canadien. Du moment où Berivan a rempli les papiers pour demander le statut de réfugiée dans un pays occidental, le processus a été plutôt rapide. «Je me suis inscrite sur le registre et après un mois et demi, on m’annonçait que le gouvernement canadien acceptait provisoirement ma demande. Je devais donc passer l’entrevue et l’examen médical pour poursuivre les démarches. Un autre mois et demi plus tard, ma demande était officiellement acceptée et on me proposait une date de départ», indique-t-elle.

SURPRISE PAR LA LANGUE FRANÇAISE

Berivan était heureuse de pouvoir s’installer dans un pays où règne la quiétude, mais elle ne s’attendait pas à devoir apprendre le français. « Quand j’ai reçu l’acceptation du gouvernement canadien, j’ai fait mes recherches sur Internet pour savoir quelle était la langue parlée au Canada et j’ai découvert que c’était l’anglais. J’étais contente, parce que j’avais déjà des bases en anglais et cela allait être plus facile pour moi. Par contre, quand je suis arrivée on m’a dit qu’au Québec c’était le français la langue parlée. Ça a été un choc pour moi », souligne-t-elle.

La Néo-Canadienne ne s’est pas laissée abattre et s’est retroussé les manches pour apprendre la langue. « Jour après jour en francisation, je sentais que je m’améliorais. Après un an, je ne parle toujours pas parfaitement la langue, dit-elle en nous faisant un clin d’œil, mais je souhaite très bien la parler pour mon avenir ».

ALLO-FRANCO

Afin de faciliter son apprentissage du français et dans son intégration, Berivan s’est jointe au projet Allo-Franco initié par Lauréanne Daneau, une bénévole de la Société Saint-Jean-Baptiste de la Mauricie. Ce projet consiste simplement à jumeler des nouveaux arrivants allophones avec des résidents francophones de la Mauricie. Outre les rencontres mensuelles de groupe, les paires se retrouvent chaque semaine de manière informelle pour discuter en français.

«Allo-Franco est une occasion de s’intégrer à la société et connaître les habitudes d’ici. C’est vraiment une bonne idée», affirme Berivan. À l’inverse, le projet permet aux Québécoises et Québécois d’entrer en contact avec des personnes d’autres cultures. « Grâce à Allo-Franco, j’ai pu rencontrer plus de personnes et leur expliquer pourquoi je porte le voile. C’est aussi une occasion pour les gens de connaître ma culture et ma religion. Ça m’a beaucoup aidé à me sentir acceptée », poursuit-t-elle.

Aujourd’hui, Berivan entame sa recherche d’emploi qui, espérons-le, sera plus facile grâce à au réseau d’Allo-Franco.

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