Dans le cadre de la neuvième édition du projet Change le monde, une œuvre à la fois qui culminera avec une exposition au Musée POP au mois d’avril 2020, le Réseau In-Terre-Actif, secteur jeunesse du Comité de Solidarité/Trois-Rivières, s’associe à La Gazette de la Mauricie afin de produire 9 capsules vidéo et articles sur les enjeux abordés par les jeunes. Le projet intitulé Ensemble, on change le monde bénéficie du soutien financier du Secrétariat à la jeunesse et de la collaboration de la Maison des Grands-Parents de Trois-Rivières.

Steven Roy Cullen, janvier 2020

La pollution de nos océans par le plastique est un sujet défrayant régulièrement les manchettes. Certains médias font même référence à un «septième continent» formé par l’accumulation de nos déchets de plastique en mer. Ce continent n’est pas réellement une masse de terre solide, mais plutôt cinq zones sur la planète où se concentrent les débris flottants en raison des gyres océaniques.

Les plus récentes estimations scientifiques évaluent qu’entre 4,8 et 12,7 millions de tonnes métriques de plastique se fraient un chemin dans les océans à chaque année. Une bonne partie de ce plastique provient des rivières et des fleuves pollués du monde. Parmi ceux-ci, une dizaine situés en Asie et en Afrique rejettent 90 % des déchets plastiques présents dans les océans. Le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) l’affirme sans équivoque, « notre planète est étouffée par la pollution plastique ».

La responsabilité du Canada

Bien que les rivières nord-américaines soient à l’origine de moins de 1 % de la pollution plastique dans les océans, le Canada et les États-Unis ont leur part de responsabilité dans le phénomène mondial. En fait, jusqu’à tout récemment, le Canada exportait environ 80 000 tonnes de déchets plastiques en Chine annuellement et il semble difficile de savoir exactement où aboutissaient ces résidus.

Une étude réalisée pour Environnement et Changement climatique Canada en 2019 évaluait que le pays réussissait à recycler uniquement 9 % des plus de 3 millions de tonnes de plastique se retrouvant chaque année dans nos matières résiduelles. Depuis la fermeture du marché chinois en 2018 qui a mis en lumière la faiblesse de la récupération du plastique au pays, la pression est forte pour trouver des débouchés locaux.

Le plastique en Mauricie

Le centre de tri de Saint-Étienne-des-Grès reçoit annuellement 40 000 tonnes de matières recyclables provenant des résidences et entreprises de la Mauricie. Calculé en poids, le plastique représente un peu moins de 10 % de ces matières. «Ça semble peu, mais ce qu’il faut comprendre, c’est que le plastique est très léger. Il prend une grande proportion en volume», explique Sylvie Gamache, conseillère en communications à la Régie de gestion des matières résiduelles de la Mauricie.

Selon Mme Gamache, la qualité du marché pour le plastique recyclé varie selon le type de contenant récupéré. Les emballages plastiques ont en effet des compositions chimiques différentes que l’industrie identifie à l’aide d’un système de numéros allant de 1 à 7 ce qui facilite leur recyclage.

Les bouteilles d’eau et de shampoing

En Mauricie, le centre de tri accepte et recycle tous les plastiques à l’exception du polystyrène (numéro 6: ex. ustensiles, barquettes, contenants de yogourt en format individuel) et des sacs de plastique. Néanmoins, le polyéthylène téréphtalate (numéro 1) et le polyéthylène haute densité (numéro 2) ont des débouchés locaux plus intéressants.

« Le plastique numéro 1 est facilement recyclable, indique la conseillère en communications. Il y a un bon marché. Il va être recyclé à Montréal ou en Ontario. » Ce type de plastique est surtout représenté dans nos bacs de recyclage par les bouteilles d’eau et de boissons gazeuses.

Le plastique numéro 2, quant à lui, trouve preneur directement en Mauricie. En effet, les contenants opaques comme ceux utilisés pour certains jus, le shampoing ou le détergent à lessive, sont envoyés à Soleno Recyclage, un conditionneur situé à Yamachiche. Cette entreprise transforme le plastique en granules et en fait des tuyaux de drainage à son usine de Saint-Jean-sur-Richelieu. «Ce plastique est récupéré, conditionné et recyclé au Québec», conclut Mme Gamache.

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