Lauréanne DaneauLauréanne Daneau, décembre 2017

Cet automne, Pierre Montreuil et Claude Ferron se sont vu confier le mandat de conseiller municipal pour la Ville de Trois-Rivières. Qu’ont-ils en commun ? Au moment où les automobilistes installent leurs pneus d’hiver, ces nouveaux élus commencent leur saison de cyclisme hivernal avec grand enthousiasme.

Pour Pierre Montreuil et Claude Ferron, entendre les pneus de leur vélo mordre dans un tapis de neige fait partie des grands plaisirs de l’hiver. Alors que le secteur des transports est le principal émetteur de gaz à effet de serre, des solutions de rechange inspirantes comme le vélo restent encore marginales. Si Pierre Montreuil commence sa 35e saison hivernale, il s’agit de la seconde pour Ferron.

Prêts pour l’hiver

Vélo hiver
Sept nouveaux conseillers ont fait leur entrée au conseil de ville de Trois-Rivières le 5 novembre dernier. Parmi eux figurent deux cyclistes d’hiver, Pierre Montreuil et Claude Ferron.
Crédits : Lauréanne Daneau

Concrètement, quelles sont les astuces pour que ce sport reste agréable à -10 °C ? Tout d’abord, l’équipement doit être adapté. Montreuil chevauche un vélo de montagne muni d’un porte-bagages, de pneus plus larges et de garde-boue. Un hybride entre le vélo de montagne et le vélo de route convient pour l’instant à Ferron. « Le défi en hiver, ce sont les écarts de température », explique ce dernier, qui mentionne aussi l’entretien nécessaire pour éviter que la neige n’encroûte le dérailleur. « Lorsqu’on peut mettre nos vélos dans un bâtiment, c’est vraiment l’idéal », ajoute Montreuil, qui se réjouit que l’hôtel de ville offre cette option. Les vêtements doivent aussi être appropriés. « Le truc, affirme-t-il, c’est le multicouche. » Ferron a, quant à lui, trois ensembles distincts pour affronter les températures. « Je traîne aussi un sac de vêtements de rechange », précise-t-il.

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Quand des automobilistes frôlent des cyclistes l’hiver, nombreux sont ceux qui se questionnent sur la sécurité de ce mode de transport sur deux roues. « Je les comprends d’avoir peur et d’être stressés : ils ne veulent pas nous accrocher », lance Claude Ferron, qui n’a jusqu’à présent jamais eu d’accident. En 35 ans d’expérience, « le seul accident que j’ai eu a été causé par un nid de poule que je n’avais pas vu en raison de l’automobile qui empiétait sur la moitié de la bande cyclable », ajoute pour sa part Pierre Montreuil.

Une passion devenue philosophie de vie

Pour les deux conseillers municipaux, le vélo est devenu une philosophie de vie à la suite d’un voyage qu’ils ont fait. Montreuil a traversé l’Europe de l’ouest sur un vélo cyclotouriste en 1982-1983, tandis que Ferron a parcouru l’Amérique centrale en 2006-2007. Au retour, chacun a choisi d’utiliser le moins possible l’automobile pour des raisons écologiques, mais aussi pratiques et économiques. L’effet sur leur santé physique et mentale est énorme, affirment-ils tous deux. « L’humain moderne s’est créé une béquille mentale, le cellulaire, et une béquille physique, la voiture », conclut Montreuil pour illustrer à contrario le bonheur que son style de vie lui procure.

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