François Bellemare, membre du MCT Trois-Rivières, mai 2019

Afin d’informer les citoyens sur la teneur de la Déclaration citoyenne universelle d’urgence climatique (DUC), le comité Mobilisation climat Trois‑Rivières (MCT), un collectif qui regroupe et mobilise les Trifluviens et Trifluviennes soucieux de l’environnement, a invité deux des instigateurs et rédacteurs de la déclaration dans le cadre d’une conférence publique animée par Marc Brullemans et organisée le 9 avril dernier à l’école secondaire des Pionniers. Ce sont d’ailleurs les jeunes du comité environnemental de cette école qui ont accueilli les conférenciers.

Messieurs André Bélisle, président de l’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA) et Patrick Bonin, responsable de la campagne Climat-Énergie chez Greenpeace Canada, ont exposé les raisons menant à une déclaration d’urgence climatique.

La conférence publique faisait suite à l’endossement de la DUC par les élu‑es de Trois-Rivières en décembre 2018 lors d’une séance du conseil municipal à laquelle ont participé les membres du comité MCT et plusieurs élèves des comités environnement des écoles secondaires de la ville. Ces élèves ont d’ailleurs aussi présenté la DUC aux élu‑es.

Depuis des décennies, MM. Bélisle, Bonin et Brullemans s’engagent publiquement au Québec comme au Canada pour présenter des documents pertinents aux audiences publiques concernant les enjeux environnementaux et climatiques soulevés par les grands projets potentiellement pollueurs mis de l’avant par des compagnies privées et parapubliques. Cette expérience a servi à M. Bélisle pour décortiquer les enjeux de la DUC. Lors de son allocution, il a offert de nombreux exemples concrets à l’auditoire pour démontrer les effets perturbateurs de notre mode de vie sur l’environnement, le climat et la santé humaine.

La surconsommation, le transport de nos aliments, l’épuisement des terres agricoles découlant d’une application agressive d’engrais et de pesticides, l’étalement urbain, les modes de chauffage des bâtiments, les habitudes de transport (auto-solo) figurent parmi les comportements décriés par MM. Bélisle et Bonin.

La DUC ne fait pas que relever des problèmes environnementaux urgents à régler, elle suggère également des pistes de solution qui s’adressent aux citoyens et citoyennes, aux industries et aux gouvernements. Parmi ces pistes de solution, les conférenciers ont nommé : la promotion du chauffage électrique et solaire, l’aménagement de pistes cyclables et piétonnières, la mise sur pied d’un système de transport en commun efficient, l’abolition de l’utilisation du charbon et du mazout dans les industries et l’arrêt des nouveaux projets industriels générant d’importantes quantités d’émissions de gaz à effet de serre.

Afin de situer le Québec en ce qui concerne la mise en place de ces pistes de solutions, M. Bonin a comparé le Québec et l’Ontario pour leurs investissements en transport en commun. Selon les données, le gouvernement du Québec prévoit investir 31 % de son budget en transport pour des projets de transports collectifs au cours des dix prochaines années, alors que l’Ontario compte allouer pour la même période 76 % de ses investissements à ce secteur. L’investissement en transports collectifs se chiffre donc à 1 081 $ par habitant au Québec et à 5 650 $ par habitant en Ontario pour la prochaine décennie.

Il y a donc encore beaucoup à faire pour répondre à la crise climatique. « Plus on acceptera de réduire, plus on s’adaptera facilement et moins on en souffrira! » Voilà la conclusion des conférenciers.

Lire notre dossier spécial sur la décroissance

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