Magali Boisvert, mai 2016

 

L’exode de la population des villages vers les villes se fait sentir plus que jamais en Mauricie. Les jeunes migrent vers la ville pour s’instruire et trouver de l’emploi, alors que les personnes âgées empruntent le même chemin afin de se rapprocher des services publics. Économiquement, il est plus avantageux d’habiter en ville. Or, il serait peut-être bon que ces différents migrants se demandent à quoi ils renoncent quand ils laissent leur village derrière eux. Et si plutôt que de s’éparpiller aux quatre vents, ils cherchaient une piste de solution pour faire rayonner leur village? 

Prenons comme modèle le village de Saint-Élie-de-Caxton. Fred Pellerin, joyau du Québec, a su « mettre sur la map » son petit coin de pays en créant des contes qui mettent en scène des habitants de sa municipalité. Selon lui, le mode de vie villageois est propice à la transmission des traditions d’une génération à l’autre. Dans son spectacle Comme une odeur de muscle, il verse des larmes en disant : « J’espère qu’il va se trouver

Sainte-Thècle
Village de Sainte-Thècle vu de la rive nord du Lac Chicot.

du monde assez game pour aller au-dessus du choix économique et puis poser un geste de rêve, un choix social. » Ainsi, en intégrant les gens qui l’entourent et qu’il connaît dans ses contes, il a su attirer des dizaines de milliers de touristes chez lui. Bien sûr, chaque village n’a pas son Fred, mais il est tout de même important de se mettre en valeur… Miser sur les attraits touristiques donne à rêver aux gens qui sont de passage, en plus de créer des emplois et de faire du profit. Il suffit de penser au Magasin Général Lebrun, qui a donné un second souffle à Maskinongé en attirant des adeptes de spectacles chaleureux ou au Parc National de la Mauricie, qui est l’occasion pour la municipalité de Saint-Mathieu-du-Parc de vanter la nature enchanteresse du coin. Le but des attraits touristiques et culturels est d’amener les gens à passer par un village, pour ensuite faire en sorte qu’ils en tombent sous le charme.

Le sens de la communauté est un des grands avantages de la campagne. Les villages, par leur petit nombre d’habitants, créent une communauté tissée serrée. Dans un village, on connaît l’employé du bureau de poste par son prénom et on appelle personnellement le propriétaire du casse-croûte sur la rue Principale pour lui demander si on peut emprunter sa souffleuse. Dans un village, tout le monde se connaît et tout le monde se serre les coudes. Cette énergie est d’ailleurs parfaite pour élever une famille. Dans les dernières années, la croissance démographique des villages est surtout tributaire de l’arrivée de jeunes parents souhaitant élever leurs enfants dans un milieu calme. Les villages sont connus pour leur tranquillité et la ville ne vous offrira jamais la chance de vous lever le matin et d’aller tremper vos pieds dans l’eau d’un lac ou d’aller vous occuper de votre poulailler. (Et on le sait bien, les enfants adorent les animaux et jouer dehors !) Ainsi, en misant sur un environnement chaleureux et sécuritaire pour attirer les jeunes familles, les villages peuvent contrebalancer le départ des migrants en favorisant l’intégration de nouveaux arrivants aux communautés rurales. Qui sait, peut-être que ce sont justement les jeunes partis pour étudier en ville qui reviendront s’installer avec leurs enfants.

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