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Isabelle Ayotte – Société – Décembre 2020 

Un trouble neurologique peut s’exprimer sous divers symptômes : dépression, burnout, anxiété, épuisement, TOC, mal-être. Plusieurs adultes nouvellement diagnostiqués éprouvent un soulagement d’enfin comprendre l’origine de leurs difficultés.

Trop souvent, on cherche à apaiser les symptômes sans creuser jusqu’à la source. Un diagnostic permet de cibler l’origine des difficultés. Alors, on peut trouver une aide appropriée. Et éviter séparation, chômage et autres embûches, en plus de pallier à l’incompréhension, le manque d’estime de soi, l’épuisement, et surtout, « Comment avancer dans la vie si l’on ne peut même plus faire confiance à sa propre façon d’aborder le monde? ». Pour les adultes, les services de santé publics n’offrent que peu ou pas de ressources. Il faut se tourner vers le privé, où une recherche de diagnostic coûte plusieurs centaines de dollars.

Sexisme, intériorisation et camouflage

Les femmes ont plus tendance à intérioriser leurs difficultés que les hommes. Les symptômes s’expriment autrement. On dira d’une fille TDAH qu’elle est dans la lune, alors qu’un garçon sera plus turbulent en classe. Même chose du côté de la recherche. Il y a moins d’études faites sur les femmes.. En conséquence, les femmes ne reçoivent pas les traitements adéquats pour le même besoin.

Des préjugés tenaces

Les préjugés causent des torts considérables, puisque l’image est si peu réaliste que personne ne s’y identifie. Sur le site de la Fédération québécoise de l’autisme, on mentionne que seulement « le tiers (31 %) des personnes autistes auraient une déficience intellectuelle (DI), (tandis que) 44 % auraient une intelligence moyenne ou supérieure à la moyenne. »

Comme quoi, ce n’est pas parce qu’une personne est non verbale ou qu’elle a un comportement différent  qu’elle a une déficience intellectuelle. Le langage n’est pas synonyme d’intelligence. La pensée peut aussi être en image.

Du côté de la douance, on croit que la vie est plus facile quand on est plus intelligent et que cela garantit un succès académique. Pourtant, la douance peut s’accompagner de troubles d’apprentissages, TDAH ou autres comorbidités. La personne douée peut croire toute sa vie être stupide à cause du décalage important qu’il y a avec les autres dans sa façon de penser et ses intérêts.

Les troubles neurologiques, c’est quoi ?

Un trouble neurologique n’est pas une maladie, c’est une condition neurologique différente de la norme. On parle alors de neurodiversité. On ne peut en guérir. Par contre, on peut trouver des aménagements, modifier ses habitudes pour faire en sorte de faciliter le quotidien. Parce qu’être neurodivergent, c’est déjà être en adaptation constante dans une société où rien n’est bâti pour soi. Par exemple, les hypersensibilités résultent d’un traitement de l’information géré différemment par le système nerveux. Certains supermarchés offrent des moments de magasinage avec la lumière tamisée et la musique baissée pour accommoder les personnes autistes. Les surcharges sensorielles mènent à des crises (meltdown ou shutdown); cela se produit lorsque le cerveau n’arrive plus à gérer toutes les informations entrantes. Comme pour le TDAH, le cerveau ne discrimine pas l’information à traiter.

Des différences, des forces

Les personnes ayant un trouble de l’attention ont de la difficulté à réguler leur attention, passant de dispersée à hyperfocus, cette dernière caractéristique pouvant être un atout considérable. Avoir un mode de pensée divergent permet la résolution de problèmes par des solutions innovantes. Idéalement, dans un milieu de travail, on valorisera la coopération afin d’exploiter les forces de chacun. La recherche d’un diagnostic est une quête identitaire. Mieux se connaître pour prendre de meilleures décisions, respecter ses limites et utiliser ses forces.

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