Réal Boisvert, mars 2019

Les élus de Bécancour et de Nicolet ne se seront pas ralliés finalement à la création d’un Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) au Centre-du-Québec. La question de la proximité de Trois-Rivières en matière d’accès à des services spécialisés aura probablement brouillé les cartes. Elle l’a, à coup sûr, emporté sur l’esprit de solidarité régionale. À cela s’ajoute la ferme opposition des dirigeants du CIUSSS de la Mauricie et du Centre-du-Québec à toute modification des structures actuelles. Et voilà qu’il n’y a plus que les maires de Drummondville et de Victoriaville qui somment le ministre responsable de la région d’honorer ses promesses électorales et de doter le Centre-du-Québec d’un CISSS avec tous les pouvoirs et les ressources consentis à un territoire administratif autonome.

Cette affaire ne doit pas en rester là, car la création d’un CISSS au Centre-du-Québec conserve encore toute sa pertinence. Chose certaine, la Loi sur les services de santé et des services sociaux nous porte à y croire.

CISSS
Boris, mars 2019

On l’a peut-être oublié, mais notre système public de santé doit viser le maintien et l’amélioration de la capacité des personnes d’agir dans leur milieu « en assurant leur participation au choix des orientations, à l’instauration, à l’amélioration, au développement et à l’administration des services ». On est loin de cet objectif quand on constate à quel point la Mauricie et le Centre-du-Québec se sont vus dépossédés au cours des dernières années du pouvoir d’influence de leurs collectivités locales, alors que la participation citoyenne aux instances décisionnelles du CIUSSS est à peu près nulle. Tous les conseils d’administration des établissements de santé que comptait la région avant l’adoption de la loi instituant le CIUSSS MCQ ont été abolis au profit d’un conseil d’administration suprarégional dont les membres ont été nommés par le précédent ministre. Ce petit cercle de décideurs forme une bureaucratie moins en mesure d’être à l’écoute des besoins et des caractéristiques de la population que d’imposer un cadre organisationnel téléguidé par des impératifs comptables et des directives ministérielles. Pendant ce temps, l’actualité nous parle sans cesse du manque de médecins de famille, des longues listes d’attente, du débordement des urgences et de l’épuisement du personnel.

 

Le premier avantage lié à la création d’un nouveau CISSS serait de former deux organisations à échelle plus humaine pour la Mauricie et le Centre-du-Québec. Le second avantage consisterait en la possibilité de réviser le mode de gouvernance actuel. Pourquoi en effet ne pas profiter de l’occasion pour mettre sur pied deux conseils d’administration dont les membres seraient élus par la population ? En plus de revenir à l’esprit de la loi, ce processus se traduirait immanquablement par une relecture des priorités régionales en matière de services de santé et de services sociaux. Car la participation d’élus indépendants issus de différents milieux aurait l’heur de rétablir plus d’équilibre et plus de discussions au sein de l’appareil décisionnel. Il s’ensuivrait fort possiblement un meilleur dosage entre les approches curatives et la promotion de la santé, une plus grande volonté de maintenir des points de services de proximité, une complémentarité plus affirmée avec les organismes communautaires, une préoccupation renouvelée pour la réduction des inégalités sociales de santé, etc.

La ministre de la Santé devrait accueillir favorablement cette proposition, tant sa volonté de renforcer la première ligne va de pair avec une plus grande prise en charge des personnes et des collectivités au regard des services de santé et des services sociaux.

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