JC_Landry_1000piJean-Claude Landry, mars 2016

Dès que la conversation s’engage, la personne au bout du fil, voix calme et posée, dégage comme une impression de sérénité en dépit des défis professionnels importants auxquels elle doit faire face. Pas facile, en ces temps d’austérité, d’assurer la consolidation et le développement d’un organisme voué à la promotion de la conservation et du développement durable.

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Carole Bellerose est directrice du Centre de la Biodiversité du Québec situé à Bécancour

De commis comptable à chef comptable à son premier emploi, d’adjointe administrative au sein de la défunte Association touristique régionale (ATR) à directrice du Centre de la Biodiversité du Québec situé à Bécancour, le parcours de Carole Bellerose témoigne, à sa façon, du chemin parcouru par les femmes au cours des cinq dernières décennies. « Chaque emploi que jai occupé ma apporté des défis qui mont fait grandir. »

Son parcours a débuté à une époque où la reconnaissance professionnelle à sa juste valeur du travail d’une femme exigeait, dira-t-elle, une performance 10 fois meilleure que celle d’un homme. « Nous étions considérées comme une aide, une personne de service. Rappelons-nous le rôle de la secrétaire dans lentreprise, elle était le bras droit de la direction, mais pas reconnue comme tel. »

« Qu’à cela ne tienne, lance Carole Bellerose, à force de sengager, dexprimer leur point de vue, de se donner confiance et de faire valoir leur vision des choses, les femmes ont progressivement fait leur place dans le monde du travail, mais aussi dans les différentes sphères de la société québécoise. »

Ses dix-huit années d’engagement au sein du Club des femmes de carrière, la qualité et la détermination des femmes qu’elle y a rencontrées l’ont convaincue que la revendication, aussi essentielle soit-elle, ne suffit pas. « Si on veut modifier les choses, il ny a rien de plus efficace que de sengager et faire prendre ainsi une tangente propice à lavancement de notre société. »

Carole Bellerose reconnaît qu’en dépit du chemin parcouru, « faire sa place » n’est pas toujours facile pour les femmes. Mais, souligne-t-elle, les femmes sont aujourd’hui mieux « outillées » pour briser les résistances. Des résistances non dites, mais quand même perceptibles. Les femmes d’aujourd’hui sont plus instruites que leurs mères et elles disposent de ressources que leurs mères ont mises en place ou revendiquées pour élargir l’accès au travail et faciliter l’exercice de leur profession. Les garderies populaires devenues Centres à la petite enfance, la mise en place d’une politique familiale, l’instauration du Régime québécois d’assurance parentale (RQAP) en sont de belles illustrations. « Les progrès accomplis sont le résultat des efforts des générations qui nous ont précédés, pour les sauvegarder il faut continuer à construire. »

En fait, l’évolution de la situation des femmes dans la société québécoise dépend d’abord d’elles croit Mme Bellerose. Ce serait une erreur, souligne-t-elle, de croire que l’amélioration des choses passe par une identification au mode de fonctionnement des hommes. « Nous devons rester authentiques, avoir une approche douverture, nous voir comme complémentaires, pas inférieures ni supérieures aux hommes, être à la recherche de lharmonie, une valeur chère aux femmes. »

Dans la société actuelle marquée par la course au succès, une consommation effrénée et la réussite sociale à tout prix, l’apport spécifique des femmes ne peut qu’être bénéfique. D’ailleurs, pour Mme Bellerose, les hommes comme les femmes ont tout à gagner à travailler ensemble, de façon différente, mais complémentaire pour qu’advienne un monde s’appuyant résolument sur des valeurs aussi essentielles que la paix, l’harmonie, la justice et la solidarité.

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