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Jean-François Veilleux – juin 2020

À l’occasion de ce numéro spécial sur l’autonomie alimentaire, il est opportun de survoler les principales étapes du développement et de la structuration de notre économie agricole.

Évidemment, l’agriculture existait sur le territoire du Québec bien avant l’arrivée de Jacques Cartier en 1534. En effet, des tribus iroquoiennes produisaient déjà des aliments, selon une technique agricole traditionnelle mixte de cultures complémentaires dite « des trois sœurs » : la courge, le maïs et le haricot grimpant (pois).

Après la fondation de Québec en 1608 par Samuel de Champlain, le premier colon et apothicaire Louis Hébert (1575-1627) devient le chef de file de l’agriculture coloniale, qui commence à être pratiquée d’une manière organisée en périphérie immédiate de Québec. Au contact des Premières Nations, le Parisien Hébert découvre de nouvelles plantes utiles à des fins alimentaires ou médicinales. Il fera même parvenir en France 45 espèces végétales jusque-là inconnues dont l’utilisation va se répandre partout en Europe.

Toutefois, il faudra attendre l’intendant Jean Talon, vers 1665, pour que le fait agraire et l’industrie agroalimentaire naissante prennent leur essor sous un régime seigneurial, suivant lequel la terre est mise en culture par des serfs censitaires redevables au seigneur. Cet agencement de la propriété foncière agricole visait à favoriser le rapprochement des gens afin qu’ils puissent mieux s’entraider ou se défendre.

Ferme de la Mauricie – Crédits photo: Dominic Bérubé

Le 19e siècle : de l’impuissance à la vocation agricole

Durant la période de la Nouvelle-France, l’agriculture coloniale reste assez peu développée, et la Conquête de 1760 ne vient pas arranger les choses. Les colons canadiens demeurent en servitude dans des conditions assez misérables d’exploitation de leurs terres jusqu’à l’abolition du régime seigneurial en 1854. Au début des années 1800, l’Angleterre commence à développer la culture dans ses diverses colonies. Au Québec, ce sera principalement le blé, une culture qu’on pratiquera jusqu’à épuisement des sols dans certains cas.

À la fin du 19e siècle, de grands changements surviennent avec la mise sur pied de sociétés de colonisation, la création de sociétés d’agriculture et la publication de revues, traités et journaux spécialisés afin de promouvoir l’éducation populaire et le développement de meilleures pratiques culturales ou d’élevage. On assiste alors à la création des premières beurreries et fromageries coopératives, dont la toute première aurait vu le jour à Dunham en 1865.

En 1867, de nouveaux équipements et machines aratoires en métal sont introduites au Québec. Trois ans plus tard, en 1870, l’agriculture représente dans l’économie canadienne le tiers (33 %) de l’exploitation des ressources naturelles. Néanmoins, il faut attendre 1887 pour voir la création d’un premier véritable ministère de l’Agriculture, grâce au premier ministre Honoré Mercier (1840-1894) comme ministre titulaire et au célèbre curé Antoine Labelle (1833-1891), dit le « Roi du Nord », comme sous-ministre. L’agriculture devient alors un refuge pour environ 45 000 à 50 000 nouveaux ruraux. C’est d’ailleurs le Québec qui sera la province qui profitera le plus du plan pour la colonisation, mais le résultat sera près de l’échec.

Ferme familiale Massicotte & Fils à Champlain, reconnue pour la fameuse recette de salade de choux (coleslaw) de sa fondatrice Lise Massicotte, épouse de Paul Massicotte. Ce dernier présida la Coop fédérée pendant 11 ans avant de prendre sa retraite en 2003. – Crédits photo: Dominic Bérubé

Le 20e siècle : de la structuration à l’ouverture des marchés

En 1908, une loi vient encadrer la création des sociétés coopératives agricoles. Environ 350 coopératives locales sont fondées en seulement quinze ans. À l’aube de la Première guerre mondiale (1914-1918), la population du Québec vit en grande majorité d’une agriculture de subsistance. Après la guerre, une entente entre les gouvernements fédéral et provincial interpelle le monde agricole pour approvisionner en denrées alimentaires les pays dévastés outre-mer.

Par ailleurs, les premiers agronomes de district arrivent sur la scène québécoise en 1913. Au début des années 1920, on assiste à une surproduction, une chute des prix, un endettement des cultivateurs et un exode vers les villes. Le Québec s’urbanise massivement à cette époque et s’ouvre à l’industrialisation. Sous l’influence du clergé, qui tente de préserver ses ouailles des syndicats internationaux et laïcs, on crée la Coopérative fédérée de Québec (1922) et l’Union catholique des cultivateurs (UCC) le 2 octobre 1924. Cinq ans plus tard, le 6 mars 1929, l’UCC fonde son organe de presse, le journal La Terre de chez nous.

Si la Société du crédit agricole du gouvernement fédéral commence son action pancanadienne en 1927, c’est Maurice Duplessis qui met en place l’Office du crédit agricole en 1936. Dès 1931, l’UCC avait obtenu l’établissement d’un crédit agricole provincial, alors considéré comme le plus généreux au Canada. On fonde aussi la Corporation des agronomes du Québec en 1937. Dans l’entre-deux-guerres, l’agriculture devient de plus en plus commerciale et vise à une certaine exportation massive. C’est dans les années 1940 qu’on atteint le plus grand nombre de fermes jamais enregistrées au Québec.

Si à peine 10 % des fermes québécoises étaient électrifiées en 1930, il a fallu attendre 1945 pour qu’on adopte une loi pour la construction de 10 000 kilomètres de lignes électriques en sept ans : 35 000 foyers y sont raccordés. En 1954, 85 % des ruraux ont accès à l’électricité.

En 1955, le rapport du comité Héon, commandé par Duplessis, rappelle que l’agriculture doit rester aux mains des individus qui veulent la pratiquer, mais que le nombre d’entreprises devrait diminuer des deux tiers afin de passer de 140 000 fermes à quelques 44 000 plus spécialisées et plus productives… Vous avez bien lu, on recommandait donc de faire disparaître 100 000 fermes jugées inadaptées au commerce pour prioriser la modernisation et la spécialisation des 40 000 fermes les plus productives, un nombre estimé suffisant pour une autonomie alimentaire. Néanmoins, en quelques décennies, selon Roméo Bouchard, le taux d’autosuffisance alimentaire du Québec est plutôt passé de 100 % à 50 %. Réclamée lors du congrès général de l’UCC dès 1944, la Loi sur la mise en marché des produits agricoles est votée en 1956 par le gouvernement du Québec. Bref, le secteur agricole a été appuyé d’abord par l’Église puis, à partir des années 50-60, par l’État en vertu d’un double objectif : l’occupation du territoire et l’autosuffisance alimentaire.

Au début de la Révolution tranquille, le gouvernement de Jean Lesage commande une commission royale d’enquête sur l’agriculture au Québec, dont le rapport April sera déposé en 1967. On tente d’atteindre les objectifs d’augmentation des rendements dans les productions animales et végétales, tout en misant sur le drainage des terres et les travaux mécanisés pour l’amélioration des conditions des sols. Par contre, on préconise davantage d’engrais et de pesticides chimiques pour maximiser les rendements culturaux. On veut lancer le signal qu’il faut moderniser les fermes et toutes les infrastructures attenantes. On tente de faire de l’agriculture un des principaux, sinon le principal, leviers de développement économique du Québec.

Bureaux de la Fédération de l’Union des producteurs agricoles, rue Vachon, Trois-Rivières. – Crédits photo: Dominic Bérubé

Alors que l’agriculture amorce un virage industriel, l’UCC perd son caractère confessionnel en 1972 et devient l’Union des producteurs agricoles (UPA). La Loi sur les producteurs agricoles permet même à l’UPA d’acquérir la représentativité unique dans la profession et de devenir le seul syndicat autorisé. Au milieu des années 1970, on met en place le programme d’assurance stabilisation des revenus agricoles (ASRA). En 1974 se forme le Mouvement pour l’agriculture biologique (MAB), qui devient une fédération en 1989.

Après la modernisation de l’agriculture et la recherche de parité (1960-1975), l’arrivée du premier gouvernement de René Lévesque en novembre 1976 apporte un nouveau souffle grâce à la réforme du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation. À sa tête, Jean Garon (1938-2014) préconise l’autosuffisance agroalimentaire pour raviver le projet souverainiste. Dès 1978, Garon crée la Loi sur la protection du territoire agricole, devenue plus tard la Loi sur la protection du territoire et des activités agricoles (LPTAA), un an avant l’adoption de la Loi sur l’aménagement et l’urbanisme (LAU). En 1981, le gouvernement québécois lance son slogan « Nourrir le Québec » et valorise des secteurs de production tels que le porc, le bovin de boucherie et les grandes cultures commerciales. On vise notamment un plus haut niveau d’auto-approvisionnement en viande pour l’alimentation humaine afin de réduire nos importations provenant de l’Ouest canadien, de l’Ontario et des États-Unis ou d’ailleurs dans le monde.

Toutefois, l’Office du crédit agricole des années 1970 et 1980 ainsi que la Société de financement agricole du début des années 1990 sont moins portés à encourager les initiatives entrepreneuriales axées sur la transformation sur place des produits de la ferme non plus que le développement de l’agrotourisme, c’est-à-dire la découverte des savoir-faire agricole d’un territoire, des paysages ou des pratiques sociales et culinaires. C’est seulement depuis la fin des années 1990, donc récemment, que la Société de financement agricole, devenue la Financière agricole du Québec (FADQ) en 2001, soutient ce type d’entreprises.

Selon le MAPAQ, le nombre d’entreprises agrotouristiques est passé au Québec de 534 en 2005 à 837 en 2012, mais cela ne représente que 3 % de nos entreprises agricoles. En fait, l’activité agrotouristique est concentrée à 70 % dans cinq régions du Québec, situées bien entendu à proximité des grands centres urbains, soit la Montérégie, les Laurentides, Chaudière-Appalaches, la Capitale-Nationale et le Centre-du-Québec. Par contre, la Mauricie suit la tendance inverse et a vu ses établissements agrotouristiques diminuer de 25 entreprises en 2005 (4,7 % du marché québécois) à 22 entreprises en 2012 (2,6 %).

Quelques rencontres importantes entre les principaux protagonistes du secteur agricole du Québec ont également porté sur les solutions à adopter : le Sommet sur l’agriculture québécois en juin 1992, qui s’est tenu à Trois-Rivières, ou bien la Conférence sur l’agriculture et l’agroalimentaire québécois en mars 1998 et le Rendez-vous des décideurs en octobre 2001, tous deux à Saint-Hyacinthe.

Entretemps, l’UPA développe une corporation sans but lucratif qui vise le développement international (UPA DI) en 1993. S’appuyant sur l’adage « Pouvoir nourrir, pouvoir grandir », à l’aube de son centième anniversaire, l’UPA regroupe désormais 12 fédérations régionales et 27 groupes spécialisés. Elle compte aussi sur l’engagement direct de plus de 2 000 producteurs et productrices à titre d’administrateurs.

Le 21e siècle : le nécessaire retour à la terre

Le bilan est sombre : l’agriculture décline continuellement et se polarise de manière dangereuse. D’abord, la multiplication des traités de libre-échange dans la montée du néo-libéralisme (1986-1994), les mirages de cette mondialisation des marchés et les promesses politiques non tenues depuis au moins trente ans, ont fait chuter l’autosuffisance alimentaire du Québec de 80 % en 1986 à environ 30 % il y a peu de temps. Mais les récentes ententes de commerce avec l’Asie, l’Europe et les États-Unis ont ouvert une brèche…

Ensuite, l’unité du secteur agricole est un mythe. Le monopole du syndicat unique de fermiers de l’UPA est de plus en plus remis en question et les conflits internes ne cessent d’augmenter : dans les années 1990, un agriculteur avait contesté devant les tribunaux le monopole syndical de l’UPA (il fut débouté) et au moins 5 000 producteurs ont été poursuivis par l’UPA entre 1984 et 2004 devant la Régie des marchés agricoles du Québec (RMAQ) et d’autres tribunaux pour avoir refusé de payer les cotisations obligatoires.

Après la conquête des marchés (1995-2002), la remise en cause de l’agriculture moderne caractérise notre époque. C’est dans ce contexte de « développement anarchique » du secteur porcin (c’est toujours le principal produit des exportations bioalimentaires du Québec, soit 19 % des expéditions totales) et de « perte de démocratie » que sera créée en 2001 l’Union paysanne. Ce syndicat agricole citoyen, constitué d’un conseil de coordination de 11 personnes (neuf agriculteurs et deux citoyens), procède notamment à la formation d’unions sectorielles, en particulier dans le domaine de la production biologique, de la forêt et du sirop d’érable. Dans ce dernier secteur, le Québec se classe encore au premier rang par sa production de sirop d’érable : 92 % de la production canadienne et 72 % de la production mondiale.

L’action de l’Union paysanne, qui considère que notre agriculture est « littéralement sclérosée », permet d’abord d’obtenir un moratoire sur la production porcine en 2002. Ensuite, après deux années d’intense lobbying avec des partenaires de partout, l’Union paysanne obtient la mise sur pied en 2007 de la Commission sur l’avenir de l’agriculture et de l’agroalimentaire québécois (CAAAQ). Un tel rendez-vous n’avait pas eu lieu depuis au moins 40 ans. La remise de son rapport en février 2008 survient après une année de travail et la réception de quelque 770 mémoires. L’imposant rapport Pronovost démontre que l’agriculture québécoise vit une crise majeure ayant des répercussions, entre autres, dans l’industrie de la transformation et dans le réseau de distribution. Suivront rapidement, en 2009, le rapport Saint-Pierre sur le financement et les assurances agricoles et le rapport Ouimet sur la protection du territoire agricole ainsi que le développement régional. Toutefois, on attend toujours la mise en place de certaines recommandations, notamment la 47e, qui propose de rétablir le pluralisme syndical pour les agriculteurs.

Depuis vingt ans, la population active agricole ne cesse de diminuer et son influence politique de s’affaiblir. Aujourd’hui, à peine 2 % de la superficie totale du Québec est consacrée à l’agriculture, un pourcentage beaucoup plus élevé il y a une cinquantaine d’années. En comparaison, les terres agricoles représentent 58 % du territoire en France et 45 % aux États-Unis.

En juin 2018, selon l’UPA, on comptait 41 406 Québécois et Québécoises qui ont fait de l’agriculture leur métier et qui exploitent 28 194 entreprises agricoles, pour la plupart familiales. Si la majorité des fermiers sont propriétaires, les fermes ont une taille moyenne de 110 hectares. Bien ancrés sur le territoire du Québec, ils procurent de l’emploi à 56 000 personnes. Chaque année, ils investissent 547 millions de dollars dans l’économie régionale du Québec. En 2017, le secteur agricole québécois a généré 8,5 milliards de dollars de recettes, ce qui en fait la plus importante activité du secteur primaire au Québec. Au fil des années, la production québécoise s’est concentrée surtout dans le secteur animal : lait de vache, volaille, veau, porc et œufs.

Par ailleurs, selon Roméo Bouchard, fondateur de l’Union paysanne et son premier président (2001-2004), l’agriculture écologique de proximité, toujours sous-financée et défavorisée par la réglementation, ne fournit guère plus de 5 % du marché alimentaire. Il croit qu’on devrait impérativement prioriser le marché intérieur au Québec plutôt que les marchés extérieurs et favoriser un modèle de ferme à vocation communautaire. Optimiste, il applaudit fortement « cette volonté citoyenne et politique de reconquérir notre autonomie alimentaire ». Mais il faudra être vigilant, car la nécessaire « démondialisation » de notre agriculture se fera sur six fronts différents : politique, international, syndical, économique, technologique et écologique.

En conclusion, souhaitons que les nombreux appels à la consommation de produits locaux – une politique déjà valorisée dans les années 1830 par le Parti patriote – qui ont émergé dans le contexte de la pandémie actuelle, comme l’initiative du « panier bleu », devienne une priorité du gouvernement du Québec. Il existe actuellement plus de 22 000 produits québécois marqués du logo « Aliments du Québec » ou « Aliments préparés au Québec », une initiative promotionnelle lancée en 2002. Il faut rapidement revenir au projet écoresponsable de consommation locale et d’autosuffisance alimentaire, car c’est notre avenir qui est en jeu.

Sources principales :

Yvon PESANT. « Historique de l’agriculture québécoise », MRC Brome-Missisquoi, 6 pages.

Roméo BOUCHARD. « Un plan pour nourrir le Québec », 9 avril 2020, L’Aut’Journal.

Silvestro, M. (2006). L’histoire du syndicalisme agricole au Québec : un chantier déjà très balisé ? / Jean-Pierre Kesteman, Guy Boisclair, Jocelyn Morneau et Jean-Marc Kirouac, Histoire du syndicalisme agricole au Québec, UCC-UPA 1924-1984, Montréal, Boréal, 2004, 455 p. Recherches sociographiques, 47 (1), 121–137.

Anne-Cécile GALLET (2012). Compte rendu de « Politique et syndicalisme agricoles au Québec, de Michel Morisset et Jean-Michel Couture, Québec, Les Presses de l’Université Laval, 2010, 452 p. », Politique et Sociétés, 31 (3), 132–134.

« Commentaires préparés par l’Union des producteurs agricoles », 28 juin 2018, 6 pages.

http://lautjournal.info/20200409/un-plan-pour-nourrir-le-quebec

www.upa.qc.ca/fr/histoire/

https://unionpaysanne.com/historique/

https://fr.wikipedia.org/wiki/Trois_soeurs_(agriculture)

www.ledevoir.com/societe/environnement/577058/vers-plus-d-autonomie-alimentaire-au-quebec

www.lesoleil.com/opinions/point-de-vue/le-taux-dautosuffisance-alimentaire-de-33-est-une-erreur-de-calcul-153664a4b26fc02407e3ea8770cf0b06

www.newswire.ca/fr/news-releases/plus-de-1-200-adherents-et-22-000-produits-quebecois-concernes-aliments-du-quebec-devoile-sa-nouvelle-image-de-marque-812734722.html

www.alimentsduquebec.com/fr/

www.ledevoir.com/societe/17700/au-quebec-une-ferme-sur-trois-a-disparu-en-25-ans?fbclid=IwAR2ioy6rUT_szJaDYxWAUWvye9QgxFdjPnRFYNcURcnQIevG_TrSdTRMg4k

www.journaldequebec.com/2020/05/05/controverse-autour-du-logo-daliments-quebec

www.mapaq.gouv.qc.ca/fr/Productions/developpementregional/marcheproximite/Pages/Marchedeproximite.aspx

www.mapaq.gouv.qc.ca/fr/Productions/agrotourisme/Pages/agrotourisme.aspx

www.mapaq.gouv.qc.ca/fr/Productions/agrotourisme/agrotourismechiffres/Pages/agrotourismechiffres.aspx

www.mapaq.gouv.qc.ca/fr/Productions/releveagricole/Pages/Releveagricole.aspx

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