Steven Roy Cullen Gazette de la MauriciePar Steven Roy Cullen, décembre 2016

On se rappellera la fermeture de la librairie Clément Morin en 2014. Cette fermeture avait attristé et choqué le milieu culturel de la Mauricie. On avait bien tenté de sauver l’entreprise, mais les garanties financières exigées pour la relance s’avéraient trop lourdes à porter pour les potentiels investisseurs.

À l’époque, M. Éric Lord, directeur général chez Culture Mauricie, avait même manifesté son inquiétude concernant le modèle financier des librairies agréées. « Le modèle financier est de plus en plus difficile pour tout le monde. Il faut que l’État fasse des réajustements pour que le modèle soit viable économiquement », avait-il dit en entrevue avec Le Nouvelliste. Qu’en est-il deux ans plus tard? Les librairies indépendantes arrivent-elles à tirer leur épingle du jeu?

Les librairies indépendantes du Québec font preuve de créativité pour attirer leur clientèle. Celle-ci semble d'ailleurs en augmentation dans la région. Crédits : Dominic Bérubé
Les librairies indépendantes du Québec font preuve de créativité pour attirer leur clientèle. Celle-ci semble d’ailleurs en augmentation dans la région. Crédits : Dominic Bérubé

Selon Mme Audrey Martel, libraire et co-propriétaire de la librairie L’Exèdre à Trois-Rivières, ça va plutôt bien dans le milieu de la librairie indépendante au Québec. « Oui, des librairies ont fermé, mais celles qui restent sont plus dynamiques que jamais! On a une belle unité aussi entre les librairies, puis je pense que ça transparaît. », se réjouit-elle.

À son avis, les librairies indépendantes réussissent à se démarquer en raison des forces qui les caractérisent. « C’est vraiment le service-client qui constitue la force des librairies indépendantes, mais ce n’est pas seulement ça. Je pense qu’il y a un espèce d’esprit propre à la librairie indépendante qui fait que ça nous distingue beaucoup des grandes chaînes », indique-t-elle.

Même son de cloche du côté de Mme Frederica Skierkowski de la librairie Poirier également à Trois-Rivières. « Je pense que nous essayons toujours de donner un meilleur service, car ce qui fait la différence entre un livre d’une librairie ou d’une autre, c’est le ou la libraire qui conseille », explique-t-elle. La qualité du service n’est toutefois pas la seule façon par laquelle les librairies indépendantes sortent du lot.

« Nous avons également beaucoup d’activités qui sont de plus en plus fréquentées par nos clients », ajoute Mme Skierkowski. En effet, pour illustrer son propos, elle nous parle, entre autres, des lancements de livres et des rencontres d’auteurs animés par Mme Patricia Powers. D’une manière assez semblable, Mme Martel nous souligne que de nombreuses activités sont organisées à la librairie L’Exèdre, notamment des causeries, des rencontres avec des auteurs, des tables rondes et des séances de dédicaces.

Et que dire de la clientèle avec tout ça? Est-elle en augmentation? L’arrivée du livre numérique a-t-elle eu une influence? Selon les deux libraires, la clientèle serait plutôt en augmentation, et ce, malgré l’arrivée du livre numérique. En fait, ce dernier ne serait pas vraiment une compétition pour le livre papier. D’une part, les clients préfèrent encore largement le papier au numérique. D’autre part, les librairies indépendantes profitent d’un portail sur lequel on peut acheter des livres numériques. « Pour nous, ce n’est pas tant une compétition qu’un marché à développer », expose Mme Martel.

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