Real Boisvert Gazette de la MauriciePar Réal Boisvert, novembre 2017

En 2013, dans l’ensemble du Québec, un électeur sur deux a voté aux élections municipales. Ce taux de participation s’applique à la plupart des villes et des municipalités de la région. Plus précisément, le tiers seulement des jeunes de moins trente ans se sont prévalus de leur droit de vote. Comme nous l’a rappelé le Directeur général des élections au cours des dernières semaines, on pourrait espérer mieux.

En effet, étant donné que 90 % des électeurs habitent à une faible distance d’un bureau de vote et compte tenu du fait qu’il faut moins d’une heure aux quatre ans pour aller voter, chaque citoyen devrait se faire un devoir de se rendre aux urnes, sauf en cas de force majeure. Plusieurs rétorqueront que cela n’en vaut pas la peine, que les choses sont du pareil au même et que, quoi qu’on fasse, ça ne change rien. Faux ! Par exemple, à Trois-Rivières, deux visions, deux styles, deux programmes opposent de façon très nette les deux principaux candidats. Il en va de même dans d’autres municipalités. Au surplus, dans toute la région, une alternative élémentaire interpelle chaque citoyen inscrit sur la liste électorale : est-on pour le changement ou pour la continuité ? Difficile de comprendre qu’un électeur sur deux se dérobe devant cette question.Élections municipales


Dans la même veine, comment peut-on corriger la distorsion induite par le désintérêt relatif des jeunes ? On a fait grand état de l’importance d’introduire un cours d’éducation citoyenne dans le cursus scolaire. On ne saurait s’y opposer. Il serait sans doute envisageable aussi de rendre le vote obligatoire. Pourquoi pas ! Plusieurs pays, notamment la Belgique, ont emprunté cette voie et, dans plusieurs cas, en l’absence de participation électorale, des sanctions s’appliquent. Ces solutions sont cependant valables à long terme seulement. Or, le scrutin se tiendra dans quelques jours.

À cet égard, soyons quand même confiants. Il se pourrait bien que cette fois-ci l’actualité internationale ait pénétré les esprits. Il y a de bonnes chances en effet qu’une immense majorité d’électeurs aient été marqués de façon durable par la leçon de démocratie que nous a servie la Catalogne récemment. Impossible en effet de ne pas avoir vu les images qui ont tourné en boucle à la télé et sur les réseaux sociaux. Des jeunes femmes tirées par les cheveux et projetées violemment dans les cages d’escalier. Des hommes matraqués et roués de coups de pied. Des milliers de personnes refoulées de tous côtés. La police espagnole a eu beau dégainer furieusement, une multitude a exercé son droit de vote, courageusement, à ses risques et périls.

Il s’est passé là des choses qui ne peuvent pas ne pas nous inspirer. Après ces événements, le droit de voter devrait apparaître aux yeux de tous comme étant le plus précieux des biens collectifs. Et puis, ultime argument, ne pas s’en prévaloir équivaut à prendre le risque de voir se faufiler des candidats qui n’ont pas les compétences nécessaires pour exercer leur mandat. Cela s’est déjà vu. Parlez-en aux Américains… Certains doivent se mordre les pouces d’être restés chez eux l’an passé à pareille date.

Tout cela pour dire que le 5 novembre devrait être l’occasion d’une sorte de sursaut collectif, chacun se faisant un devoir de se rendre aux urnes. Et la beauté de la chose, c’est que le lendemain de ce réveil citoyen, chacun aura le sentiment d’avoir gagné ses élections, car la démocratie aura triomphé sur tous les plans !

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