Lyson Marcoux-webLyson Marcoux, Psychologue et professeure, Université du Québec à Trois-Rivières

Un fils fait des commissions pour sa mère. Un conjoint aide sa femme à prendre son bain. Une fille accompagne son père en dialyse. Une femme nourrit son mari à la petite cuillère… Qu’ont en commun ces personnes? Ce sont des proches aidants! Pourtant, demander aux gens que vous connaissez qui sont dans cette situation : « Comment vis-tu ton rôle de proche aidant? » « Savais-tu qu’il y a des groupes de soutien pour les proches aidants? » « As-tu pensé à demander du répit? » Il y a fort à parier que plusieurs répondront des réponses comme celles-ci : « Je ne suis pas un proche aidant. C’est normal en tant que conjoint(e), fille, fils…», « Un groupe d’entraide? Ce n’est pas pour moi. Ma situation est différente », « Du répit? Pas pour l’instant, je ne suis pas rendu là ». De deux choses l’une, soit ces personnes ne se reconnaissent pas dans l’étiquette « proche aidant », soit elles ne reconnaissent pas leurs besoins.

D’accord! Admettons que ces personnes n’ont pas tout à fait tort. Sauf exception, nous sommes d’abord dans une relation d’amour (ou d’amitié) avant d’être dans une relation d’aide. Et, s’identifier comme proche aidant, c’est accepter psychologiquement une transition de rôle qui ne va pas spontanément de soi. Nous voulons (et devons!) demeurer le (la) conjoint(e), le fils, la fille ou l’ami(e). Cependant, une particularité doit s’ajouter, celle d’être aussi le proche aidant. L’un n’empêche pas l’autre…

D’accord! Reconnaissons qu’il est naturel d’aider quelqu’un que l’on aime. Mais, ce n’est pas parce que c’est naturel que l’on doit le faire seul! Donc, pourquoi s’empêcher d’aller chercher du soutien? L’orgueil? La peur du jugement des autres? La gêne?…

D’accord! Nous ne pouvons pas juger. Ces personnes sont libres d’attendre le bon moment pour demander du répit. Mais, quand est-ce le bon moment? La majorité des gens qui font appel aux services pour proches aidants admettent qu’ils ont attendu trop longtemps. Qu’ils auraient dû le faire bien avant… Avant de se rendre au bout du rouleau.

Alors, si vous êtes dans cette situation, pourquoi attendre? Entourez-vous et faites le plein d’énergie pour être physiquement et émotionnellement disponible aux bons moments que vous offre la vie. Vous, tout comme la personne que vous accompagnez, n’en serez que mieux!

 

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