Cet article s’inscrit dans le cadre du projet Proche en tout temps porté par Le Gyroscope et Le Périscope, deux organismes de la Mauricie venant en aide aux proches de personnes vivant avec des problématiques de santé mentale. Ce projet est rendu possible grâce au soutien financier de l’Appui Mauricie. Pour rejoindre l’équipe du projet Proche en tout temps, contactez-les par courriel au info@procheentouttemps.org.

Marianne CornuMarianne Cornu, directrice générale, Le Gyroscope du bassin de Maskinongé, octobre 2019

Les soins et les services orientés vers le rétablissement font partie des principes directeurs du Plan d’action en santé mentale 2015-2020 – Faire ensemble et autrement. Selon ce Plan d’action, une approche orientée vers le rétablissement est axée sur l’expérience de la personne et sur son cheminement vers une vie qu’elle considère comme satisfaisante et épanouissante, et ce, malgré la maladie mentale et la persistance de symptômes.

La manière dont sont organisés les services autour de la personne ainsi qu’un soutien adéquat de son entourage peuvent en effet favoriser le rétablissement chez la personne qui vit avec un problème de santé mentale, incluant chez la personne aînée. Par problèmes de santé mentale, nous entendons par exemple la schizophrénie, les troubles bipolaires, le trouble de personnalité limite, la dépression, etc.

Pour Nathalie Lagueux, travailleuse sociale, conférencière et coordonnatrice du Programme Pairs-Aidants Réseau, « le rétablissement est un processus unique débutant là où la personne décide de ne plus donner à la maladie le pouvoir de contrôler toute sa vie. C’est la redécouverte de soi, de ses capacités et de ses rêves tout en se donnant de nouvelles possibilités, et cela, avec ou sans la présence de limites et de symptômes engendrés par la maladie mentale. C’est l’espoir d’une vie meilleure. »

Croire au rétablissement chez nos aînés est essentiel pour justement favoriser ce dernier. Un des principaux freins au rétablissement est d’ailleurs la stigmatisation, une attitude sociale basée sur la discrimination. Ensuite, il est essentiel de comprendre que le cheminement vers le rétablissement appartient à la personne concernée. Et comme il n’existe aucune formule parfaite ni ligne directe pour y arriver, ni même une destination finale, chaque personne aura son propre parcours, avec ses hauts et ses bas, ses prises de conscience et ses accomplissements, tout ça à son propre rythme. Rétablissement ne signifie pas guérison : il serait vain de croire que la personne en rétablissement va redevenir comme elle était avant la maladie ou avant l’épisode de crise ou encore que tous les symptômes de la maladie vont disparaître. Toute expérience transforme la personne qui la vit, à divers degrés.

La personne ayant une maladie mentale peut mener une vie heureuse, satisfaisante et qui fait du sens pour elle, malgré les embûches. Le membre de l’entourage qui soutient son proche en partant de ces principes a déjà un pas de franchi.

Le rétablissement n’est pas un processus que l’on peut forcer. L’entourage a le contrôle sur la qualité du soutien qu’il offre à son proche et sur son degré d’implication, dans le respect de ses capacités et de ses limites et en autant que le proche accepte cette aide. Accepter de ne pas pouvoir contrôler le rétablissement d’un proche n’est pas toujours facile. Il est cependant reconnu que lorsque l’entourage s’informe et va chercher du soutien, par exemple auprès d’un organisme membre du réseau Avant de craquer, le processus de rétablissement s’en trouve favorisé. Quand on prépare un repas, qu’on répare un objet, qu’on peint une toile, on va chercher le matériel dont on a besoin. Il en est de même quand on accompagne un proche vivant avec une maladie mentale : aller chercher les bons outils ne peut qu’aider à mieux l’accompagner et à favoriser son rétablissement.

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