Réal Boisvert et Jean-Claude Landry, mai 2016

Un mode de transport n’est jamais qu’une simple façon de se déplacer. C’est surtout un mode de vie. On le voit bien dans le cas du vélo. On n’enfourche pas sa bécane comme on tourne les clés de sa voiture. Le rapport à l’espace, la sécurité, la cohabitation avec les autres modes de transport, tout fait en sorte que l’usage du vélo va avec le développement d’un certain esprit de société. Ce cahier en est l’illustration.

Passion Velo
L’équipe PassionVélos en action au Grand Prix de Contrecoeur, 17 avril 2016. Crédits: Michel Guillemette

Le cycliste est un être vulnérable. Sa vie dépend bien sûr de sa conduite personnelle, mais lui au premier chef est dépendant de la qualité des infrastructures routières et du respect des lois qui dictent le partage de la voie publique. Jamais ailleurs que sur un vélo on ne saisit l’importance de la largeur d’un accotement asphalté sur une route régionale. Nulle part ailleurs, on n’apprécie autant les règles de la courtoisie. Qui se déplace en vélo a mille fois l’occasion de venir en aide à quelqu’un, d’indiquer sa voie à un automobiliste égaré, de relayer et profiter des effets d’entraînement d’un peloton, d’apprécier les vertus de la forme physique et de se déplacer dans un environnement sain. La présence du vélo dans une société est un solide indicateur de son degré de civilisation. Car elle est en phase avec la volonté de se doter d’une règlementation qui pacifie les usages de la route; elle vient avec la nécessité de lever les taxes et les impôts nécessaires au développement d’infrastructures adéquates; elle va avec le devoir de se doter d’institutions qui enseignent l’éducation citoyenne; elle témoigne enfin de la capacité de se doter d’outils collectifs et de dispositions démocratiques favorisant le mieux vivre ensemble. Parlez-en aux habitants du Danemark et des Pays-Bas !

Ceci étant, à l’heure des changements climatiques, des gaz à effet de serre et autres problèmes environnementaux menaçant notre petite planète, le vélo représente, à lui seul, un choix intelligent pour répondre d’une façon toute simple aux défis que nous pose notre mode de vie. Évidemment, la bécane a ses limites. Si les distances, le climat et la forme physique peuvent nécessiter le recours à d’autres formes de transport, il demeure que chacun des kilomètres parcourus à vélo, que ce soit pour faire ses courses, se rendre au travail ou encore au café du coin, s’ajoute à ceux qui auront consommé une énergie saine, par surcroît bénéfique pour la santé. Avec en prime moins de CO2 rejeté dans l’atmosphère. Et qui sait tout le kilométrage parcouru par mois en petites courses ou autres déplacements de proximité? On dit qu’en toute chose le plus petit geste compte, il en est de même pour le plus petit parcours qu’on aura « dérobé » à l’automobile. Mais encore faut-il qu’on facilite la chose. Il faut saluer les initiatives en ce sens et encourager les pouvoirs publics à aller encore, beaucoup plus loin.

 

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