Marjolaine Cloutier, mars 2021

La petite Marie-Louise de l’école primaire voulait devenir missionnaire. Quand on rencontre la femme politique qu’est devenue madame Tardif quelques décennies plus tard, on ne peut que constater que cette passion et détermination à aider ou sauver l’autre sont encore bien présentes dans sa vie et dans sa façon d’aborder le métier de députée.

Elle se décrit comme une femme exigeante, travaillante et généreuse. Son équipe vous dirait qu’elle est déterminée, dévouée et à l’écoute. Au bout d’une discussion toute aussi amicale que riche et intéressante, j’aurais tendance à confirmer que madame Tardif est un savoureux mélange de tous ces adjectifs.

«C’est particulièrement grâce aux femmes qu’on peut combattre ensemble les impacts de cette pandémie sur le terrain.» Crédits: gracieuseté

Vivant une situation familiale atypique, en couple depuis 24 ans mais avec un conjoint qui travaille à l’extérieur, Marie-Louise Tardif a élevé seule ses trois enfants. Si on lui demande s’il y a un enjeu particulier pour les femmes à atteindre des hautes fonctions comme celles de députée, elle répond sans contredit que oui.

«Si moindrement la femme a une situation familiale, par exemple de monoparentalité, ça devient très difficile de vouloir occuper de telles fonctions, ou celles de dirigeante d’entreprise. Pour beaucoup de femmes, moi y compris, la famille sera toujours la priorité.»

Au fil des ans, madame Tardif a développé des trucs et astuces pour gérer son temps et pouvoir tenir son rôle de mère tout en étant ingénieure forestier, pdg, puis députée. Savoir organiser son temps, travailler de longues heures, six jours sur sept, à coup de passion, de rigueur et de détermination, voilà en peu de mots sa recette. Le plus grand défi pour les femmes qui allient famille et carrière politique c’est de pouvoir y trouver un équilibre et de s’épanouir. Dans son cas on peut dire mission accomplie.

Travailler ses dossiers en profondeur afin de les maitriser parfaitement lui permet d’avoir confiance en elle et de foncer. Et quand on lui demande si encore aujourd’hui c’est plus difficile pour une femme d’être en politique que pour un homme, sa réponse est nuancée.

«Au sein du caucus de députés, il n’y a pas de différence. Le premier ministre est très à l’écoute, et même les femmes s’expriment davantage. Par contre on doit se bâtir une carapace rapidement, car, encore aujourd’hui, une femme est davantage critiquée qu’un homme le serait pour la même situation.

Les attentes sont très hautes. Les femmes sont en général plus sensibles, il faut prendre sa place et ce n’est pas toujours facile en politique où on a affaire à beaucoup d’égos.»

Pour madame Tardif, la pandémie a clairement eu des impacts beaucoup plus grands pour les femmes, bien qu’elle en ait eu pour tout le monde.  Dans le monde de la santé, qui est un monde majoritairement féminin, la pression est énorme. Elle a reçu maintes confidences de femmes bouleversées, crevées, à bout de souffle, qui se relèvent quand même afin d’arriver à la maison et de rassurer les proches autour d’elles. Ces mêmes femmes qui prennent toujours soin: prennent soin de leurs enfants, de leurs parents, de leurs proches, mais pas toujours d’elles.

Pour madame Tardif, ces mêmes femmes ont été les témoins et actrices clé de toute cette crise.

«Si les travailleuses de la santé ne m’avaient pas contactée, les dossiers n’auraient pas avancé aussi rapidement. C’est particulièrement grâce aux femmes qu’on peut combattre ensemble les impacts de cette pandémie sur le terrain. Le tissu social, les organismes communautaires dans nos communautés, ce sont les femmes qui tiennent ça à bout de bras et de cœur.»

Madame Tardif aimerait qu’on se souvienne après son passage en politique, qu’elle était à l’écoute de ses citoyens et citoyennes. Elle qui a fait le saut pour ça.

Et que souhaite-t-elle pour le Québec post-COVID ?

«Que les gens puissent se retrouver. Au-delà de l’économie, moi je pense aux humains derrière les entreprises. À la fragilité de la santé mentale. À ces gens de 90 ans qui m’ont dit s’être fait voler de beaux moments avec leurs petits-enfants alors qu’il leur en reste si peu. Et je souhaite ardemment que les femmes se fassent davantage confiance.»

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