Jean-François Veilleux, octobre 2019

Fiers des 37 ans d’existence de leur ligue d’improvisation, les membres de la LIM continuent d’alimenter le feu d’une passion à l’égard d’un organisme peu commun. Voici les grandes lignes de son histoire.

La LIM a été fondée en 1982, cinq ans après la Ligue nationale d’improvisation (LNI) – une innovation sur le plan international – et un an seulement après la Ligue universitaire d’improvisation (LUI) de l’Université Laval à Québec et la Ligue d’improvisation trifluvienne (LIT). C’est donc une des plus vieilles ligue d’improvisation théâtrale encore en activité au Québec, mais aussi au monde !

Inspiré par ce qu’il voyait à la télévision, Luc Vermette, fils du propriétaire du cabaret L’absolu, à Cap-de-la-Madeleine, fonde la LIM avec quelques amis. Parmi eux, Michel Deschenes, feu Marcel Rhéaume et Marc Pagé. D’autres joueurs se joindront comme « membres invités », dont Jean-François Pinard et Luc Archambault. Ensemble, sacrifiant beaucoup de temps personnel, ils construisent la première « improvisoire », c’est-à-dire la bande de patinoire délimitant l’aire de jeu, inspirée des règles « gravéliennes », dans le garage de Louise Giguère. Le regroupement débute sous le nom de Ligue d’improvisation Madelinoise inc. (LIM) et leurs activités ont lieu tous les dimanches – comme la diffusion des matchs de la LNI – au cabaret L’absolu.

LIM
La LIM au parc portuaire de Trois-Rivières au début des années 1990 dans le cadre du Grand Prix de Trois-Rivières. Collection privée: Michel Deschenes

Dès le départ, cinq équipes de sept joueurs s’affrontent sous les couleurs vert, rouge, bleu, noir et turquoise. Puis d’autres couleurs s’ajoutent, comme le brun, le rose et le kaki ! Parmi leurs premiers opposants se trouvaient notamment l’équipe du bar Le Gosier et la Ligue d’improvisation trifluvienne (LIT) fondée en 1981 par Réjean Martin.

Selon Jean-François Pinard, au début, la LIM est très structurée et le demeure durant près de six années. En plus des équipements, comme la fameuse bande de patinoire, il y avait une sirène d’alarme, des animateurs-commentateurs, des caméras et même des entrevues à l’entracte, diffusées en direct sur place, ainsi qu’une captation réalisée par un fidèle partisan au moyen de sa propre caméra.

Trois ans plus tard, en 1985, afin de mieux refléter l’origine des joueurs, on renomme l’organisme Ligue d’improvisation mauricienne (LIM). À cette époque, la LIM était donc la ligue d’improvisation québécoise qui couvrait le plus de territoire, car elle incluait Shawinigan, La Tuque et Drummondville.

Après le cabaret L’absolu, la LIM se produit dans différents espaces trifluviens : Le Gosier ; Le Cosmos 2000 (rue Sainte-Julie) en 1986-87 ; Le Club, à l’étage au-dessus du bar Le Patrimoine (angle des rues Notre-Dame et Laviolette, de 1987 à 1990-91 ; et finalement Le Touristique (dit « le trou », rue Hart), pour une seule saison non officielle. Après ces années d’errance, la LIM aboutit en 1997 dans un cinéma de la rue des Forges – le futur cabaret Le Maquisart –, qui ouvre alors ses portes. Après avoir obtenu vers 2002-2003 le statut d’OBNL, la LIM établit un partenariat financier avec l’organisme culturel municipal qui deviendra Culture 3R. Par la suite, en 2007-2008, la LIM s’installe à la salle Louis-Philippe-Poisson de la Maison de la culture, au centre-ville de Trois-Rivières.

Après une année d’activité le dimanche, en compétition avec les émissions Tout le monde en parle et Star Académie, la ligue décide de tenir ses matchs le mardi. Ce créneau horaire définitif se maintient jusqu’à ce jour et on y présente depuis vingt ans des équipes aux couleurs variées : orange, vert, bleu, rouge, jaune, bourgogne, blanc, mauve et lilas.

Lors de la saison 2012-2013, qui marquait les 30 années d’existence de la LIM, on remplace l’improvisoire par une scène plus ouverte dotée de différents paliers et donc plus théâtrale.

Autre détail intéressant : si la LNI a son propre hymne national, La feuille d’érable, la LIM possède également sa propre chanson, soit L’hymne à la LIM, composé vers 2003-2004 par Fabiola Toupin et Manu Trudel.

S’il est impossible de chiffrer exactement le nombre de personnes ayant participé à l’expérience de la LIM au cours de toutes ces décennies, on peut facilement avancer le nombre de 150 à 200 joueurs. En comptant les bénévoles, les arbitres, les animateurs, les musiciens et tous ceux qui ont gravité autour du noyau de la LIM depuis un tiers de siècle, on peut alors parler d’au moins 300 personnes !

Enfin, il est clair que la LIM a engendré plusieurs rejetons. De fait, au fil du temps, elle aura influencé plusieurs générations d’improvisateurs, comme en témoignent ces ligues locales d’importance :

  • La Ligue universitaire d’improvisation de Trois-Rivières (LUITR) au café-bistro La Chasse-Galerie de l’UQTR, et maintenant au local 1012 du pavillon Nérée-Beauchemin, une ligue fondée en 1987 sous le nom des Patriotes par l’humoriste Mario Jean, refondée en 2004 par Simon Bellerose-Veilleux.
  • Les Scabs du Cégep de Trois-Rivières.
  • Le CLIMAX Junior en 2013 et CLIMAX Major en 2016 du Collège Laflèche de Trois-Rivières.
  • La Ligue d’improvisation de Louiseville et des environs (LILE).
  • Le Mouvement d’improvisation théâtrale et d’expression spontanée (MITES) de Shawinigan.
  • L’Alliance de l’improvisation ludique (AIL) au pub Manchester, de 2003 à 2006 environ.
  • Le Whomboozle, spectacle volcanique fondé par Louis-Étienne Villeneuve à l’été 2016.
  • La Limette – impro longue durée, fondée en 2017 par Rémi Francoeur et Louis-Étienne Villeneuve, première performance devant public en mars 2018.

À l’aube de ses 40 ans, la LIM continue donc toujours d’alimenter la scène théâtrale de l’impro trifluvienne  et d’inspirer la relève. La 37e saison a débutée le 15 octobre dernier. Ne manquez pas les prochaines affrontements les mardi à 20 h, à la Maison de la culture de Trois-Rivières!


Source principale :

  • Entrevue de 90 minutes réalisée à Trois-Rivières, le mardi 27 août 2019, au 2e étage du bar Le temps d’une pinte avec : Maxime Tanguay, Michel Deschenes, Luc Archambault, Alexandra Carignan, Cindy Rousseau, Jean-François Pinard et Simon Bellerose-Veilleux.

Sources complémentaires :

https://www.lni.ca/theatre-de-la-lni/mission-et-historique

https://limimpro.wordpress.com

https://www.lni.ca/matchdimpro/lhymne

https://luitrimpro.wixsite.com/luitr

http://lalui.ca/#apropos

https://www.cultur3r.com/evenements/lim-ligue-dimprovisation-mauricienne/

1 COMMENTAIRE

  1. COMMENTAIRE REÇU DE RÉJEAN MARTIN:
    C’est à l’automne 1981 qu’arrive l’improvisation à Trois-Rivières. C’est moi qui l’ai implantée. Après un baccalauréat à l’UQTR, je venais de passer 1980-81 à l’Université de Montréal pour un certificat en études littéraires théâtrales et, là-bas, j’étais allé voir jouer la LNI (je crois que c’était alors à l’UQAM).

    J’ai implanté l’impro au café La Piaule de l’UQTR. La ligue se nommait Ligue d’improvisation trifluvienne LIT et je suis fier d’être celui qui a pensé à cette innovation : faire voter le public «jardin» et «cour» plutôt que de choisir les couleurs de gilets des joueurs. Du reste, nous n’avions acheté que deux couleurs de gilets coton bleu et orange.
    J’avais surtout fait appel à Louise Filteau au départ. Nous avons joué à La Piaule puis rapidement aussi dans un cabaret rue Notre-Dame, Le Noctambule, au centre-ville puis au Patrimoine coin Notre-Dame et Laviolette aussi au centre-ville puis au Cosmos, tout ça dans la même saison 1981-82 !

    C’était extraordinaire, les foules qui se déplaçaient pour nous voir et entendre. Des noms de «joueurs»: le regretté Jean Martin (qui a fait carrière à Radio-Canada comme lecteur de nouvelles) Michelle Filteau qui a été longtemps ensuite été à la radio locale de Radio-Canada et une comédienne qui a fait ensuite carrière à Montréal, Claire Jacques.

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