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Julien-Pierre Léveillé – Collaboration spéciale avec Écolo, mais pas grano – juillet 2020

Déjà cinq ans ont passé depuis que ma conjointe et moi avons fait le saut dans l’électromobilité. À l’époque, il y avait si peu de voitures électriques qu’il était coutume de s’envoyer la main lorsque nous en croisions une sur la route. « Regarde, une autre LEAF! ». La rencontre tenait du miracle. Aujourd’hui, je ne compte plus les dizaines de véhicules électriques que je vois chaque jour. L’habitude de se saluer au volant s’est peut-être envolée devant le nombre croissant de véhicules branchables, mais la fraternité est toujours au rendez-vous lorsque je rencontre d’autres électromobilistes. Ces moments sont l’occasion de constater toute la passion qui anime les conducteurs de voitures électriques. C’est d’ailleurs un des points forts de mon bilan. La communauté électrique, que ce soit lors des événements d’essais ou sur les forums en ligne, est toujours là pour nous conseiller et nous aider en cas de pépin.

Après 100 000 km parcourus à bord de leur VE, Julie Gagnon et Julien-Pierre Léveillé nous partagent leur expérience d’électromobilistes. – Crédits photo : Dominic Bérubé

Je ne pourrais faire un bilan de 100 000 km sans parler des coûts, cette question étant toujours l’une des premières que l’on me pose. Il est indéniable que le coût à l’achat d’un véhicule électrique est plus élevé que son équivalent à essence. Par contre, l’expérience des dernières années m’a montré que l’investissement initial est vite rentabilisé. Même à 1$ le litre, l’essence est très loin du coût en énergie électrique. J’ai estimé que ma facture d’électricité avait monté d’environ 25 $ par mois (pour une moyenne de 20 000 km par année). Cela équivaut donc à 1500 $ d’énergie pour 5 ans d’utilisation, soit un peu moins d’une année en essence pour la même distance avec notre autre voiture! Les coûts d’électricité sont absorbés dans les factures mensuelles sans qu’on s’en rendre vraiment compte. Sans oublier les autres frais sauvés : pas de changement d’huile, usure des freins ralentie grâce au système de régénération, moins de pièces mécaniques à changer, etc.

Le deuxième point d’importance est l’autonomie. À l’époque, nous avions très peu de choix de modèles, encore moins avec une autonomie appréciable. La situation a beaucoup évolué depuis. Par contre, une plus grande autonomie vient avec un coût d’achat plus élevé. D’où l’importance de prendre le temps d’analyser nos besoins avant de se ruer sur des voitures à grande autonomie, particulièrement dans le contexte où une grande majorité des ménages garderont une deuxième voiture à essence. De mon côté, malgré une autonomie de 130 à 150 km, l’anxiété de la panne s’est vite dissipée à force de bien connaître ma voiture et ses limites. Jamais, je ne me suis retrouvé à cours d’électrons.

Dans leur blogue Écolo, mais pas grano, Julien-Pierre Léveillé et Julie Gagnon déconstruisent les stéréotypes et nous démontrent que de simples changements à nos habitudes de vie peuvent faire une grande différence pour l’environnement.

S’il y a bien un élément que nous pouvons mieux analyser avec ce recul de cinq ans, c’est la fiabilité. Comme il s’agit d’une technologie récente, les craintes étaient grandes au départ. Plusieurs personnes prétendaient que la batterie des voitures électriques n’aurait pas une grande durée de vie et qu’il faudrait la remplacer au bout de quelques années à un coût exorbitant. Bien que j’aie noté une minime diminution d’autonomie, la batterie de ma voiture a encore toutes ses barres de capacité sur le tableau de bord. Futurs acheteurs, n’ayez crainte : la carrosserie tombera en pièces bien avant d’avoir à changer une batterie. Pour le reste, je n’ai eu aucune réparation significative à faire, à part l’entretien des freins. Une seule petite pièce a brisé, pour un coût modique de 80 $.

Pour conclure, je peux dire sans hésiter que je suis extrêmement satisfait du choix que nous avons fait il y a cinq ans. Rien ne vaut un « road trip » paisible sans le bruit et la vibration d’un moteur à essence. La voiture électrique a maintenant fait ses preuves et il n’y a aucune raison pour ne pas l’adopter à grande échelle. Le Québec, avec son hydroélectricité, possède tous les atouts pour en faire un choix écologique. Elle peut très bien s’inscrire dans un plan global comprenant un réseau de transport en commun performant et des infrastructures favorisant le transport actif. Ne ratons pas l’occasion de faire du Québec le royaume de l’électromobilité!

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